Les défis restent nombreux pour la taxonomie verte de l’UE
Le rapport fleuve d’un groupe d’experts souligne l’engouement suscité par la taxonomie mais appelle Bruxelles à corriger le tir sur de nombreux points.
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Clément Solal, à Bruxelles
La taxonomie européenne est encore en construction, mais fait déjà référence auprès de 30 pays.
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Crédit European Union
Une somme de 200 pages, avec 64 recommandations, dont 18 sont jugées « hautement prioritaires » : le rapport publié mardi par la Plateforme sur la finance durable va donner matière à réfléchir à la Commission européenne pour faire progresser le chantier de la taxonomie des investissements verts de l’UE. Nulle garantie toutefois que l’exécutif européen y donnera suite. En février dernier, Bruxelles n’avait pas hésité à ignorer l’avis de ce groupe d’experts indépendants en prévoyant l’inclusion, à certaines conditions, d’investissements liés au gaz et au nucléaire dans le label européen.
«Des quelque 2000 grandes entreprises non financières, soumises à la directive NFRD, qui doivent produire cette année un rapport se tenant à déclarer l’éligibilité de leurs activités, la moitié l’avait fait fin septembre. Et parmi celles-ci 500 l’ont également fait au sujet de l’alignement de leurs activités avec les critères de la taxonomie, bien qu’elles n’y soient pas encore obligées avant l’année prochaine, ce qui est un signe très encourageant quant à l’adoption de la taxonomie», estime Nadia Humphreys co-rapporteur et Business Manager for Sustainable Finance Solutions chez Bloomberg. Le document pointe en revanche la faible «convivialité» des premières salves de normes de reporting environnemental utilisées par les entités financières et non financières depuis janvier 2022, et par conséquent, la difficulté à exploiter les données qui en sont tirées pour les investisseurs. «D’après les utilisateurs que nous avons interrogés, il y a un fort besoin d’orientations supplémentaires de la part de la Commission», poursuit Nadia Humphreys.
Taxomania
Le dernier bloc du rapport porte sur les défis liés à l’adoption du label à l’international, avec, là aussi autant d’enthousiasme, que de pain sur la planche pour la Commission. «La taxonomie est encore en construction, mais son influence est déjà extraordinaire. Il y a une forme de ‘taxomania’ au niveau mondial : 30 pays travaillent sur des taxonomies et font référence à celle de l’UE. Mais cela constitue aussi un défi d’harmonisation et d’interopérabilité, car le capital est global», résume Sean Kidney, directeur général et cofondateur de Climate Bonds Initiative, et membre de la Plateforme. Le rapport souligne notamment la crainte que la taxonomie crée des obstacles aux investissements dans les pays en voie de développement en raison de plus grandes difficultés à y vérifier certains critères techniques.
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