Les défaillances d’entreprises ont progressé de 5 % en France en 2007
Après un recul de 4,5 % en 2006, le nombre d’entreprises défaillantes, c’est-à-dire faisant l’objet d’une ouverture directe de redressement ou de liquidation judiciaire, a augmenté l’année dernière de 4,9 % pour atteindre 49.400 procédures, selon l’étude publiée aujourd’hui par la société de conseil Altares. Ce chiffre témoigne d’une vulnérabilité particulière des entreprises de 3 à 5 ans qui représentaient l’année dernière 30 % des procédures collectives. La hausse des dépôts de bilan de 13,9 % sur ce segment, conséquence du dynamisme des créations d’entreprises en 2003 et 2004 (+9 % chaque année), a aussi été accompagnée d’une augmentation de 8,3 % des défaillances de sociétés de plus de 16 ans.
Par secteur d’activité, la dégradation supérieure à 10 % dans le bâtiment, l’immobilier et l’agroalimentaire, a été comprise entre 6 et 9 % dans le commerce de détail, la restauration ou les services financiers. Les transports et l’industrie hors agroalimentaire (biens intermédiaires, d’équipement et de consommation) ont en revanche poursuivi l’amélioration constatée en 2006 avec un recul de plus de 10 % des défaillances enregistrées.
Intervenant en amont de la cessation de paiement et encouragée par la chancellerie, la procédure de sauvegarde n’a pourtant concerné que 1% des procédures ouvertes l’année dernière. Sollicité par des entreprises de moins de 20 salariés dans 76 % des cas, ce dispositif semble être utilisé trop tardivement ; « 46 % des sauvegardes ouvertes en 2006 ont été converties en règlement ou en liquidation judiciaire tandis que 43 % ont donné lieu à un plan de sauvegarde, plus quelques cas d’extinction de procédure ou d’observation toujours en cours », précise l’étude. L’analyse des comportements de paiement faite par Altares montre qu’au-delà de 30 jours de retard, la probabilité de défaillance est multipliée par 6.
Thierry Millon, responsable des analyses chez Altares, souligne que « dans un contexte de surenchérissement du coût des matières premières et du resserrement d’accès au crédit, les entreprises recherchent des financements d’autre nature que le crédit bancaire (…). Les PME sont particulièrement affectées car elles peuvent difficilement renégocier plus favorablement leurs délais clients tandis qu’elles restent sous la pression de leurs fournisseurs ». Et il rappelle en guise de conclusion « qu’une défaillance sur quatre est due à des retards de paiement ».
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