Les déboires de Crédit Suisse et de Barclays relancent le débat sur la sécurité des ETN

Les investisseurs, dont des particuliers, d’un ETN de Credit Suisse axé sur la volatilité ont perdu 340 millions de dollars sur deux jours
Virginie Deneuville

Plusieurs investisseurs ont été récemment échaudés dans le cadre de leurs engagements dans des ETN (exchange traded notes). Un ETN de Credit Suisse, axé sur la volatilité, a ainsi chuté de plus de 50% en deux jours après avoir connu un pic de 89% par rapport à la valeur de l’indice sous-jacent, générant quelque 340 millions de dollars de pertes pour les investisseurs, parmi lesquels des particuliers. Une correction due à la décision de Credit Suisse de recommencer à émettre des parts.

De même, un ETN de Barclays, indexé sur le gaz naturel, a perdu 47% de sa prime en trois jours: les investisseurs sont brutalement sortis après que la prime par rapport à l’indice sous-jacent a atteint 143%.

Ces déboires tendent, selon un professionnel, «à relancer les inquiétudes sur la sécurité des ETP», les exchange traded products qui incluent les ETN. Pour autant, «il est important de ne pas faire l’amalgame avec les ETF (exchange traded funds), qui sont protégés par des règles. Les ETN sont des produits de dette, reposant intégralement sur des dérivés. La perte peut être totale», poursuit-il.

«A la différence des ETF, qui sont des fonds ouverts, la maturité des ETC et ETN est souvent fixée à l’avance, mais n’est pas obligatoirement communiquée, ce qui peut créer la surprise chez certains investisseurs peu informés», explique Olivier Paquier, directeur SPDR ETF chez State Street GA en France.

Alors que ces produits sont accessibles à des investisseurs particuliers, «il y a un vrai travail pédagogique à réaliser, pour que les investisseurs comprennent où ils investissent», souligne un professionnel, qui ajoute toutefois que sans ces produits, certaines classes d’actifs leur seraient inaccessibles. Plus globalement, «les clients, notamment les particuliers, tendent à se détourner des produits trop complexes, avec des outils tels que les swaps, ce qui explique le mouvement des réplications synthétiques vers les réplications physiques dans les ETF», relève un autre professionnel.

Dans le cadre d’une étude dévoilée mercredi sur les ETF en Europe, l’Edhec indique que les investisseurs jugent la réplication physique moins risquée que la réplication synthétique en termes de risque de contrepartie. Après avoir changé de méthode de réplication pour quatre de ses ETF en novembre dernier, Credit Suisse convertira ainsi sept autres ETF entre fin avril et mi-mai de cette année.

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