Les créanciers subordonnés de BES s’attendent à régler la facture
L’énormité du désastre dépasse les pires prévisions. En dévoilant mercredi soir une perte nette de 3,6 milliards liée à l’effondrement de ses holdings familiales, le Banco Espirito Santo a rendu crédible une mise à contribution (bail in) de ses créanciers subordonnés. Le ratio de fonds propres durs (CET1) est tombé à 5% malgré une augmentation de capital de 1 milliard d’euros réalisée fin juin.
Pour retrouver avant les stress tests bancaires européens un ratio transitoire de 11,5%, soit le niveau qui était le sien à la fin du premier trimestre, BES aurait besoin de lever 4 milliards d’euros, calculent les analystes de CreditSights. En se contentant d’un CET1 à 9%, la recapitalisation atteindrait 3 milliards, selon UBS.
Or, BES, qui a mandaté Deutsche Bank, n’a encore mis aucun plan sur la table. Pire, le nettoyage des comptes n’est sans doute pas fini. Les nouveaux dirigeants nommés le 13 juillet n’ont pas eu le temps de passer le bilan à la paille de fer, admet la banque. Les comptes au 30 juin ont fait apparaître un nouveau risque, lié à des émissions obligataires d’Espirito Santo, qui a coûté 1,2 milliard et n’avait pas été dévoilé jusqu’à présent. Enfin, le groupe a passé peu de provisions dans sa filiale en Angola alors que celle-ci suscite les inquiétudes des analystes.
«Ces résultats, les nouvelles révélations et l’absence de plan clair de recapitalisation font courir un risque significatif aux porteurs de dette subordonnée», estiment les analystes crédit de la Société Générale. Ceux-ci ne croient pas en revanche à une mise à contribution des créanciers seniors, en raison des turbulences de marché qu’elle provoquerait. Hier, le prix des obligations subordonnées 2023 de BES, émises en novembre dernier, a plongé de 20 points, à 56% du pair. Au total, la banque affiche un peu plus d’un milliard d’euros de dette subordonnée à son passif. L’action, elle, a cédé 42%.
Les emprunts d’Etat portugais ont en revanche peu réagi (+4 pb à 3,59%), signe que ce dossier n’est toujours pas jugé systémique. Le fonds de restructuration des banques mis en place durant la crise par Lisbonne, et déjà comptabilisé dans la dette publique, dispose de 6,4 milliards d’euros non tirés. Une option mise en avant mercredi par la Banque du Portugal, plus si sûre désormais que BES puisse se recapitaliser auprès du secteur privé. Ses statuts prévoient qu’actionnaires et créanciers juniors, mais pas seniors, paient avant tout débours d’argent public.
Plus d'articles du même thème
-
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP. -
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM. -
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsQuand les entreprises entrent dans le débat public
Face au désert intellectuel et aux menaces politiques, les entreprises se résolvent à intervenir pour promouvoir un discours sur une compétitivité retrouvée et, dès lors, sur une action publique probablement plus restreinte -
Affaire Lyhanna : la femme de Jérôme Barella a dénoncé un viol conjugal pendant son audition
Auditionnée dans le cadre d’investigations à la suite de plaintes pour viols sur mineures visant Jérôme Barella, sa femme a dénoncé des faits de viol commis par son mari -
Canicule : malgré la baisse de la chaleur, les effets sanitaires « restent devant nous », prévient l'exécutif
Dans les hôpitaux, « un plateau haut va s’installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées) », constatent les services du Premier ministre, samedi 27 juin. On compte 37 départements en vigilance rouge canicule ce jour, soit moins qu’hier