Les créanciers internationaux donnent un peu d’air à Lisbonne
Soumis à la pression d’une politique d’austérité sans précédent, le Portugal a obtenu auprès de ses créanciers internationaux (Fonds monétaire international, Commission européenne, Banque centrale européenne) un assouplissement des conditions attachées au plan d’aide de 78 milliards d’euros. La «troïka», qui vient de rendre son cinquième rapport d’inspection, ouvrant la voie au versement d’une tranche de 4,3 milliards d’euros cofinancée par l’Union européenne et le FMI, a accepté de réviser les objectifs de réduction du déficit. Lisbonne se voit désormais assigner pour mission de ramener son déficit budgétaire à 5% du PIB cette année (contre un objectif initial de 4,5%) et à 4,5% en 2012 (contre 3% précédemment).
«L’extension du calendrier pour la réduction du déficit budgétaire portugais allégera à court terme le coût économique et l’impact social de cet ajustement nécessaire», a assuré hier le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn. Du côté des économistes, la perplexité se fait sentir. «Ces objectifs assouplis pour cette année et l’année prochaine resteront très difficiles à atteindre», estime Ralph Solveen, économiste au sein de Commerzbank. Si la «troïka» reconnaît que le programme est «dans l’ensemble sur la bonne voie», le curseur reste résolument pointé sur l’austérité.
Le ministre des Finances portugais Vitor Gaspar a dévoilé ces derniers jours de nouvelles mesures : hausse des cotisations de sécurité sociale ou relèvement des impôts sur les plus-values financières et l’immobilier. Un durcissement supplémentaire qui pourrait mettre à mal le consensus préservé jusque-là, épargnant au pays des troubles similaires à ceux rencontrés par la Grèce. D’autant que l’horizon conjoncturel reste sombre. Vitor Gaspar a officiellement admis que la récession se poursuivrait en 2013, tablant sur une contraction du PIB de 1% après un recul de 3% attendu cette année. Le gouvernement misait jusqu’alors sur une modeste croissance de 0,2% l’année prochaine.
Le ministre a néanmoins assuré que cette révision des objectifs ne remettait pas en cause le package financier du programme. Lisbonne espère toujours pouvoir faire son retour sur les marchés obligataires dans environ un an.
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