Les craintes de récession jouent sur les allocations d’actifs
Si jusqu’ici le climat économique n’avait joué que modérément sur le sentiment des gérants d’actifs, la tendance est en train de changer. Dans l’édition de janvier de son étude menée auprès de gérants de fonds (195 professionnels pesant 671 milliards de dollars d’actifs), Merrill Lynch souligne en effet que les craintes de récession généralisée grandissent. 19 % des sondés la jugent désormais «probable», voire «très probable». Ils sont même 8 % (soit deux fois plus qu’en décembre) à estimer qu’elle a déjà débuté.
Conséquence, les professionnels de la gestion ne sont plus que 9 % (contre 14 % il y a encore deux mois) à vouloir prendre plus de risques qu’à la normale et leur horizon d’investissement se raccourcit. Il faut dire que leurs craintes de récession économique s’accompagnent d’une opinion de plus en plus réservée sur l’évolution des comptes des entreprises. S’ils étaient à l’automne 24 % à parier sur une hausse de plus de 10 % des bénéfices des entreprises, ils ne sont plus que 9 % dans ce cas. Dans le même ordre d’idée, 94 % des sondés jugent que les marges opérationnelles ont atteint un pic et 23 % (contre 17 % trois mois plus tôt) qu’il est temps d’affecter les cash-flows au renforcement des bilans.
Fort logiquement, les gérants se veulent donc moins offensifs sur les actions. Seuls 6 % d’entre eux (en net) sont désormais surpondérés sur les actions, alors qu’ils étaient 20 % dans ce cas en décembre. De la même façon, ils sont trois fois moins nombreux qu’en décembre (3 %) à envisager de se renforcer en actions. Cette défiance bénéficie légèrement aux obligations. Elles sont encore jugées chères et sont toujours sous-pondérées. Mais leur part de sous-pondération recule en un mois de 40 % en net à 28 %. C’est donc essentiellement vers le cash que se retournent les investisseurs, 31 % étant désormais surpondérés (en net) sur cette ligne, soit une avancée de 10 points en un mois.
Enfin, comme celles de fin d’année dernière, cette étude met en lumière les problèmes de confiance auxquels fait face le marché. Sur un plan fondamental, le secteur bancaire est vu comme l’un des plus sous-valorisés. Pourtant, il reste l’un de ceux que les gérants sous-pondèrent le plus. Preuve qu’à leurs yeux la purge n’est peut-être pas finie.
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