Les craintes de défaut en Chine se déplacent vers le système bancaire
La fuite des dépôts consécutive aux rumeurs de faillite de la banque rurale chinoise Jiangsu Sheyang Rural Commercial Bank (JSRCB) a contraint le gouverneur de la province à intervenir hier dans une vidéo pour assurer que la PBOC elle-même s’engage à garantir la sécurité des épargnants. «Les dépôts des épargnants sont protégés par la loi. Il n’y a aucune situation qui pourrait faire que nous ne puissions assurer les demandes de retraits. Les détenteurs de dépôts ne doivent pas écouter les rumeurs et causer une panique inutile», assure l’établissement.
Avec 12 milliards de renminbi (1,4 milliard d’euros) de dépôts fin février, la taille de JSRCB est négligeable, à moins de 0,01% des dépôts du système bancaire chinois. Ce dernier reste dominé par les grandes banques d’Etat, dont les résultats publiés cette semaine demeurent solides et témoignent des gains réalisés grâce à la hausse des taux interbancaires. Mais la panique entraînée par la seule rumeur de faillite traduit les inquiétudes quant à un éventuel risque de contagion. «D’autres banques chinoises, y compris les plus importantes, devraient rencontrer des problèmes de même nature», estime Maarten-Jan Bakkum, stratégiste marchés émergents chez ING IM. Le «bank run» de JSRCB se serait étendu hier à une autre banque locale, Rural Commercial Bank of Huanghai.
D’ailleurs, les autorités sont tentées de laisser certaines dettes faire défaut, après celles de deux sociétés depuis le début de l’année, tout en instaurant une division dédiée au pilotage des risques sur la dette d’entreprise au sein de la commission de régulation des marchés, selon le Wall Street Journal. «Tant qu’il n’existe pas de risque systémique, des défauts résultant des forces de marché seront autorisés. Cela encouragera la discipline de marché et la correction de certains comportements de la part des émetteurs et investisseurs», a indiqué Pan Gongsheng, vice gouverneur de la PBOC.
Li Daokui, ancien conseiller à la banque centrale, a lui suggéré la création d’un fonds dédié à la gestion de la finance de l’ombre, avec une procédure de restructuration de dette et un classement des créanciers prioritaires en cas de défaut. Le Shibor à 7 jours progressait hier à 3,87%, après être tombé mi-mars à 2,20%, son plus faible niveau depuis mai 2012.
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