Les cours élevés du pétrole sauvent les résultats de Shell

La faiblesse des marges de raffinage et l’absence de précisions sur les réserves ne militent pas pour une plus grande confiance des investisseurs
Yves-Marc Le Réour

Royal Dutch Shell a annoncé une croissance de son bénéfice net publié de 60 % à 8,5 milliards de dollars au quatrième trimestre 2007, tiré principalement par une progression moyenne de 50 % des cours du pétrole par rapport à octobre-décembre 2006. La hausse du bénéfice n’est toutefois que de 11% à coûts courants d’approvisionnement (CCS) à 6,7 milliards de dollars sur la période, le bénéfice CCS, qui exclut les variations de la valeur des stocks de carburants, incluant « des gains exceptionnels d’un montant de 963 millions de dollars », a précisé la compagnie anglo-néerlandaise. Hors exceptionnels, le bénéfice net CCS s’inscrit à 5,74 milliards de dollars, inférieur au consensus de 6,1 milliards. Le bénéfice net CCS de l’ensemble de l’exercice 2007 ressort à 27,6 milliards de dollars, en hausse de 8,7 % sur l’année 2006, le cash-flow généré par les activités opérationnelles étant ressorti stable sur cette période à 39,5 milliards. Le groupe a reversé 13,4 milliards aux actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions l’année dernière, dont 3,9 milliards sur le dernier trimestre.

La baisse moyenne de 4 % de la production de pétrole et de gaz sur l’ensemble de l’année s’est accélérée au quatrième trimestre avec un recul de 6 % à 3,436 millions de barils équivalent pétrole par jour. « Compte tenu d’un baril de pétrole proche de 100 dollars sur cette période, les résultats ont été bridés par la faiblesse des marges de raffinage », souligne-t-on chez Kepler Equities, tandis que des problèmes d’exploitation ont réduit la production au Canada et à Singapour. Shell a par ailleurs fait état de dépenses d’investissement supérieures aux prévisions en 2007 (23,8 milliards de dollars en montant net) et a revu en hausse ses projections en la matière pour 2008 de 23 à 25 milliards de dollars, ce qui reflète une hausse des coûts d’extraction pour le pétrole comme pour le gaz. Les analystes déplorent également l’absence d’indication sur le niveau des réserves avant la publication du rapport annuel en mars ou peut-être même celle du rapport financier 20F (normes américaines) en mai. Même si « le titre se paye très en dessous de ses homologues BP et Total, peu d’informations ont été fournies pour 2008 et l’action ne devrait pas réagir très positivement à court terme», conclut-on chez Petercam. Le titre a cédé 0,12 % hier à Amsterdam.

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