Les courbes des taux de l’Espagne et de l’Italie reprennent un profil plus pentu
S’il est difficile de dire ce que les banques feront des 489 milliards d’euros qu’elles ont reçus de la BCE, l’annonce de cette opération a déjà eu un effet positif sur la dette périphérique en zone euro. Les taux courts italiens et espagnols se sont en effet largement détendus sur le mois écoulé, et les courbes deviennent plus pentues.
L’évolution est surtout spectaculaire pour l’Espagne. Il y a un mois encore, les taux courts approchaient les 6%, et la courbe était quasiment plate sur la partie 2-5 ans. La dernière adjudication de bons du Trésor espagnols, le 20 décembre, a illustré l’embellie. Le pays a vendu 5,64 milliards d’euros, dépassant l’objectif fixé avant l’opération, se finançant à 1,73% à 3 mois et 2,43% à 6 mois. Des transactions similaires, un mois plus tôt, avaient fait ressortir des coûts de 5,11% et 5,22% sur ces maturités.
L’annonce, début décembre, de l’opération à 36 mois de la BCE, a suffi à nourrir les espoirs d’un «carry trade» qui verrait les banques emprunter à 3 ans et acheter de la dette souveraine sur des maturités équivalentes ou inférieures. Un espoir qui reste toutefois à confirmer. En revanche, il est certain que des banques ont souscrit des bons du Trésor espagnols la semaine dernière pour pouvoir les apporter le lendemain comme collatéral au guichet de la BCE.
La détente est moins prononcée pour l’Italie, mais malgré tout sensible. Vendredi, les rendements à 6 mois du pays s’élevaient à 4,07%. En novembre, ils dépassaient 6%. Et la courbe italienne, qui était négative sur la partie 2-10 ans, affiche désormais une pente positive de près de 200 points de base. «Le ‘bull steepening’ (pentification via la baisse des taux courts, ndlr) des courbes périphériques est encourageant, et signale une baisse de l’aversion pour le risque souverain», soulignent les stratégistes de SG CIB.
Mais ceux-ci relèvent aussi que d’autres indicateurs du risque, comme l’indice iTraxx des banques, restent élevés. Et sur la partie longue, l’Espagne et l’Italie se financent toujours très cher (5,28% et 6,79% à 10 ans). «La BCE n’a pas l’intention de faire baisser les taux longs, pour pousser ces pays à conduire leurs réformes économiques, estimait mercredi Philippe Delienne, président de Convictions AM. Elle a pris en revanche les mesures nécessaires pour que les taux courts baissent et que l’Espagne et l’Italie gardent un accès au marché».
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