Les corporates les plus solides profitent d’un contexte exceptionnel sur l’obligataire

Caterpillar a offert un coupon de 1,375% seulement à trois ans. Dans le même temps, les conditions sont difficiles sur le marché du haut rendement
Violaine Le Gall

Les nouvelles inquiétudes sur la situation grecque profitent aux emprunts d’Etat allemands et aux émetteurs corporates jugés solides par les investisseurs. La semaine dernière, le constructeur automobile allemand Volkswagen a placé 1,5 milliard d’euros d’obligations à trois ans en offrant un coupon de 1,875 % seulement. L’américain Caterpillar a fait mieux encore. Pour son émission en euro, il a placé 600 millions d’euros de titres assortis d’un coupon de 1,375%. Depuis la création de l’euro, les coupons n’ont jamais été aussi bas sur ces maturités. Avec un rendement souverain allemand à 0,18% à trois ans et à 0,55% à 5 ans, il est logique «de s’intéresser aux caractéristiques défensives du crédit investment grade qui offre un rendement sûr et supérieur. D’autres émetteurs core et extérieurs à la zone euro doivent se réjouir de la perspective d'émettre à des niveaux aussi fantastiques», prévoient les stratégistes crédit de SG CIB.

Après un premier trimestre très actif sur le marché primaire, l’activité est limitée pour le moment en mai, avec 2,1 milliards d’euros d'émissions sur le secteur des non-financières investment grade. Mais le pipeline reste fourni, d’après SG CIB. «Nous nous attendons à voir plus d’opérations se réaliser si la situation sur le plan souverain se calme», prévoient les stratégistes de la banque de La Défense.

Malgré les incertitudes dans la zone euro, le marché du haut rendement a connu une certaine activité récemment, avec les émissions de Carlson Wagonlit, Sixt. Ce marché reste cependant difficile. Début mai, Europcar a dû offrir un rendement de 14% sur ces titres, tandis que Monier a carrément dû renoncer à son projet d'émission obligataire.

Le marché cash a globalement bien résisté pour le moment. Depuis le début du mois, l’indice iBoxx sur les non-financières en euro s’est légèrement resserré, d’après Markit. «Le fait qu’il y a peu de panique sur le marché pourrait suggérer que la plupart des investisseurs sont satisfaits de leurs positions, qu’ils ont pu réduire lors du rally du mois de mars et qu’ils estiment avoir suffisamment de cash pour faire face à d'éventuelles demandes de rachats», avançaient les stratégistes de SG CIB dans leur note du 11 mai.

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