Les conditions restent difficiles pour les émetteurs sur les marchés de crédit
Comme en témoigne l’indice iTraxx, passé de 50 à 72 points de base (pb) depuis le début de l’année, les marchés de crédit ont connu un nouveau regain de tension ces derniers temps. De quoi faire réfléchir les « corporates » en quête de financements et les inciter à se tourner vers d’autres voies, comme le crédit syndiqué. C’est en tout cas ce moyen qu’a retenu Vivendi pour compléter le financement des opérations sur Activision et Neuf Cegetel.
En complément d’une trésorerie de 1 milliard d’euros et de lignes bancaires de 4 milliards (maturité 2012), le groupe a obtenu 3,5 milliards auprès de Société Générale, RBS, Fortis et HSBC. Une première tranche de 1,5 milliard est constituée d’un crédit relais remboursable après augmentation de capital. Les 2 milliards restants (facilité «revolver») sont répartis en deux tranches à parts égales à 3 ans et 5 ans.
Si Vivendi ne donne pas plus de détails chiffrés, une source proche du groupe assure que « les conditions obtenues sont très intéressantes et en dessous des CDS du groupe. Le prix est bien meilleur que celui qui aurait pu être obtenu sur le marché ».
D’ailleurs, « très peu d’émetteurs veulent s’aventurer sur le marché primaire dans les conditions actuelles », constate Yaël Muscat, gérante chez Groupama AM dans le cadre du Panel Crédits de L’Agefi (lire page 5). L’exemple HeidelbergCement, première émission en euro d’une société européenne en 2008, ne peut d’ailleurs que rendre prudent. Si le cimentier allemand (BBB- chez S&P) est parvenu jeudi à placer pour 1 milliard d’euros d’obligations à quatre ans, il a dû concéder une marge de 237 pb, dans le haut de la fourchette indicative de 230 à 240 pb.
Pour autant, ce climat mitigé ne refroidit pas tous les émetteurs. Vendredi, EDF a choisi de se présenter au marché avec un emprunt de 1,5 milliard d’euros à 10 ans dans le cadre d’une opération d’allongement de la maturité de sa dette. Un placement menée par Calyon, Natixis et HSBC et qui a été sursouscrit quatre fois d’après un gérant qui précise que le «book» n’est « pas resté ouvert plus d’une heure trente ». Mais pour en arriver là, le groupe a dû s’acquitter d’une marge de 70 pb, bien plus élevée que ce qu’il aurait dû offrir par le passé. D’ailleurs, dans le contexte actuel, explique le gérant, « ce sont les meilleures signatures qui sont les plus pénalisées car elles doivent s’aligner sur les bancaires ».
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