Les comptes de la Société Générale, cas d'école pour les fiscalistes
A la Société Générale, le traitement de la perte frauduleuse de 4.911 millions d’euros a donné du grain à moudre aux comptables et aux fiscalistes du groupe. Car si ce dernier devrait finalement afficher un résultat net de 947 millions d’euros, supérieur à la fourchette de 600-800 millions avancée le 24 janvier, il le doit en grande partie à ces subtilités.
D’un point du vue comptable, la banque a choisi d’imputer sur 2007 la perte nette résultant de la fraude. Elle a donc rejeté l’autre solution, qui aurait consisté à enregistrer, pour 2007, un profit de 1.471 millions d’euros (le gain théorique de son trader Jérôme Kerviel au 31 décembre), et à annoncer, au titre des résultats 2008, une perte de 6.382 millions d’euros. En revanche, d’un point de vue fiscal, c’est cette deuxième solution qui est privilégiée. Et ce n’est donc qu’au titre du résultat imposable 2008 que la perte brute (6.382 millions d’euros) serait considérée comme déductible.
La Société Générale a dès lors enregistré dans ses comptes 2007 un produit d’impôt différé actif de 2.197 millions d’euros, qui matérialise cet écart temporel : la charge comptable pour l’exercice achevé ne sera déductible fiscalement qu’en 2008. Une écriture comptable qui permet notamment de minorer à 2.221 millions d’euros la perte nette de la banque de financement et d’investissement, dont la perte d’exploitation atteindra 3.758 millions en 2007 pour cause, aussi, de provisions atteignant 2,6 milliards.
Reste à savoir si l’Etat approuvera ce traitement a posteriori. La banque se dit confiante. « Cette position fiscale s’appuie tant sur la législation que sur la jurisprudence, et a été confortée par l’opinion de plusieurs consultations d’avocats spécialisés sur la fiscalité », assure-t-elle dans son document de référence. Dans le cas contraire, elle ne serait autorisée à enregistrer sa perte de trading qu’en 2008. Et dans le pire des scénarios, Bercy pourrait considérer que la perte n’est même pas déductible, car résultant d’un acte anormal de gestion. De quoi déprimer les équipes des réseaux France, international, services financiers et gestion d’actifs, qui ont épongé les pertes de la BFI en 2007 avec des résultats nets estimés de 1.375 millions (+7,7 % sur un an), 686 millions (+45,6 %), 600 millions (+15,2 %) et 541 millions (-6,2 %).
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATCLOs : le changement réglementaire qui pourrait remodeler le paysage pour les assureurs
Entretien avec Alexandre Mincier, Responsable Assurance chez Franklin Templeton -
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%. -
Wall Street prospecte le filon des activités que l'IA ne pourra pas remplacer
Casinos, complexes de loisirs : outre-Atlantique, un nombre croissant d'investisseurs s'entiche du "location based entertainment", ces loisirs et expériences physiques ancrés dans un lieu précis. -
PARTENARIATAccalmie géopolitique : pourquoi les métaux stratégiques restent sous pression
Ormuz rouvre, mais le déficit d'aluminium et les goulets d'extraction persistent. Quel impact sur les portefeuilles
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés