Les comportements ne sont pas forcément rationnels
Publié le
Florent Berthat
Titre original : Optimal Strategic Beliefs
Fondation / Centre de recherche : CEREMADE, Université Paris Dauphine et DRM, Université Paris Dauphine
Quel constat vous a incité à étudier l’impact des croyances subjectives sur les marchés financiers ?
La finance comportementale s’est construite sur la base d'études psychologiques et d’observation qui convergent toutes vers la même conclusion : les comportements ne sont pas forcément rationnels. La théorie traditionnelle veut, par exemple, que les anticipations soient rationnelles, c’est à dire que tous les individus sont capables d’analyser toutes les informations à leur disposition et de construire des prévisions intégrant parfaitement ces informations. En particulier, en régime stationnaire, deux individus ayant les mêmes informations devraient avoir les mêmes anticipations. Or on constate, tous les jours, qu’il n’en est rien et ni les prévisionnistes professionnels, ni les analystes financiers ne convergent dans leurs conclusions. Nous nous sommes demandés comment se construit une croyance, ce qui fait que certains individus sont optimistes et d’autres pessimistes et en quoi cela a un impact sur les marchés financiers, les taux d’intérêt, le partage des risques, la prime de risque... Parce que les individus interagissent entre eux et avec leur environnement, nous pensons que leurs croyances résultent plus de ces interactions que des flux d’informations objectives. Nous montrons alors que ces interactions conduisent à une forte hétérogénéité des croyances : optimisme et pessimisme cohabitent même si c’est le pessimisme qui l’emporte au niveau agrégé ce qui explique notamment les primes de risque trop élevées et les taux d’intérêt trop faibles (par rapport aux prédictions des modèles standards). Ce pessimisme agrégé est confirmé au niveau empirique par des expériences en laboratoire menées sur un échantillon de plus de 1.500 individus.
Quelle application à la finance faites-vous de ce résultat ?
On doit se demander comment cela est pris en compte par les marchés. Selon que les acteurs sont plus ou averses au risque leur degré d’optimisme ou de pessimisme diffère. Ce qui est intéressant pour nous, en finance, c’est que les modèles n’expliquaient pas l’énigme dite de la prime de risque. L’écart de rendement annuel entre les actions et les obligations sur une période de 100 ans est de l’ordre de 6%, alors qu’il ne devrait être que de 1% selon les modèles standards. Les modèles traditionnels n’arrivent pas à expliquer ces rendements élevés : les risques sont trop faibles au regard des rendements observés. Aussi, ce qui permet d’expliquer cet écart, c’est que les individus ne sont pas rationnels, ils sont pessimistes. Le pessimisme vis-à-vis des revenus futurs d’un actif pousse à le payer moins cher qu’il ne vaudrait. Donc la différence entre ce qu’on attend et ce qui se produit effectivement fait que le revenu est beaucoup plus élevé que prévu. Comme on a sous-estimé le futur, la réalité apporte un complément de revenu, contrepartie du pessimisme. De plus la divergence de croyances ou d’opinions entre individus agit comme une source de risque supplémentaire, justifiant donc une prime de risque additionnelle.
En outre, ces croyances se combinent avec des comportements stratégiques.
Oui, les individus ont naturellement des comportements stratégiques. L’acheteur, d’actions d’une société par exemple, a intérêt à être pessimiste, donc à rechercher un prix faible, tandis que le vendeur, a intérêt à être optimiste, car il veut faire monter le prix.Ce n’est pas machiavélique, c’est pragmatique. Les croyances reflètent ce que chaque acteur pense être bon pour lui ou a appris à identifier comme étant bon pour lui. Si le fait d'être optimiste et donc fonceur vous a toujours réussi, vous continuerez à privilégier les scénarios prometteurs (à croire en votre bonne étoile) et donc à rester optimiste.Le subjectif résulte alors d’une analyse objective des intérêts stratégiques en présence. C’est en ce sens que les croyances issues de ces interactions peuvent être qualifiées de stratégiques.
Selon le premier rapport dédié du MSCI, le marché des actifs privés entre dans une phase de transformation sous la pression de nouveaux investisseurs, de l’essor des fonds evergreen, mais aussi de l’intelligence artificielle.
Avec les seuls stablecoins réglementés en euros et en dollars émis par une entité de grande banque, Société Générale-FORGE (SG-Forge) ouvre un nouveau chapitre pour la trésorerie d’entreprise. A l'heure où les actifs numériques arrivent à maturité, nos experts analysent les apports concrets de la monnaie digitale pour les trésoriers et mettent en lumière les stablecoins bancaires réglementés comme une solution tangible.
La jeune pousse, proche de l’administration Trump, a doublé en un an sa valorisation, à 61 milliards de dollars. Elle a multiplié les gros contrats gouvernementaux ces derniers mois.
Les mégatendances propulsent la dette infrastructure au premier plan
PARTENARIAT
Par Allianz Global Investors
Des tensions en Iran à la résilience européenne
PARTENARIAT
Par Seven2
« IA, levier opérationnel de création de valeur »
PARTENARIAT
Par Franklin Templeton
« La construction du portefeuille de Franklin Responsible Income 2031 répond à un objectif de stabilité et de prévisibilité de la distribution des coupons »
Un document de travail, dont le leader de Place publique s’est démarqué, avant sa révélation par Politico, suggère de désinvestir les classes populaires et les banlieues pour se concentrer sur un électorat « cible » en vue de la présidentielle de 2027 : des urbains, diplômés et aisés, jugés plus réceptifs à une offre sociale-démocrate
Guerre commerciale, IA et statut de Taïwan... Les sujets de discorde entre les deux dirigeants ne manquent pas, alors que l’ombre du conflit iranien plane sur leur rencontre
Attention collector ! Swatch et Audemars Piguet s'associent pour la Royal Pop, une collection de huit montres de poche en biocéramique inspirée de l'iconique Royal Oak, disponible dès le 16 mai en boutique.