Les collectivités tentent de s’adapter à l’assèchement du crédit bancaire

La région Rhône-Alpes a procédé à sa première émission obligataire de 120 millions d’euros, trois jours après une émission à 11 ans de la région PACA
Patrick Aussannaire

Les grosses collectivités cherchent des solutions alternatives de financement. La région Rhône-Alpes, qui n’avait émis jusqu'à présent que des billets de trésorerie, a procédé à sa première émission obligataire d’un montant de 120 millions d’euros sur 12 ans, avec HSBC et Natixis comme chefs de file. Si l’opération est souscrite à 71% par des investisseurs domestiques, elle a attiré 17% d’investisseurs allemands et 12% de luxembourgeois, avec un objectif porté de 100 à 120 millions. Les souscriptions proviennent à 78% d’assureurs, à 13% de gestionnaires d’actifs et 9% de fonds de pension.

La région a consenti un spread de 165 pb au-dessus du taux de référence «mid swap», alors que par le biais d’un financement bancaire classique, la région aurait dû s’acquitter d’une marge d’environ 250 pb, estime Jérôme Pellet, en charge de l’opération chez HSBC France. Quelques jours plus tôt, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont la dernière opération remonte à 2005, a levé 52 millions grâce à une émission à 11 ans en consentant un spread de 173 pb. La restriction des conditions de crédit des banques pourrait accélérer le recours aux marchés. «Les grosses collectivités regardent toutes les marchés obligataires, elles n’ont pas le choix. Elles doivent diversifier leurs sources de financement» souligne Jérôme Pellet.

Vendredi, la région Limousin a indiqué que l’emprunt auprès des particuliers lancé en mai dernier a permis de récolter 25,6 millions. Une solution déjà sondée par les régions Auvergne et Pays de la Loire, alors que l’Ile-de-France, le Centre et PACA envisagent d’y recourir cette année. Dans la même logique, l’AP-HP a réalisé en 2011 plusieurs tranches de financements sous forme de placements privés en couronne norvégienne auprès du fonds souverain du pays.

Pour le moment, l’accès au marché reste cependant réservé à quelques collectivités avec une taille minimum d’entrée sur le marché obligataire d’environ 15 millions d’euros, alors que le projet d’Agence de financement des collectivités a du plomb dans l’aile. Jérôme Pellet relativise l’impact de la perte du AAA français sur la confiance des investisseurs français et étrangers, la note AA attribuée à la région PACA par Fitch ne l’ayant pas empêché d’obtenir des conditions de financement assez proches de celles de la région Rhône-Alpes, notée AAA par la même agence.

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