Les collectivités locales visent fin juillet pour leur émission commune

Elles doivent préciser d’ici au 3 mai leurs besoins. Le travail de documentation de cette opération s’annonce très lourd
Violaine Le Gall

L'émission obligataire commune d’environ 70 collectivités locales se précise. Le 19 avril, les associations qui les représentent ont rencontré trois banques qui les ont confortées dans leur projet. «Les banquiers nous ont expliqué qu’il y avait beaucoup d’argent qui cherche à se placer sur le risque collectivités locales français, rapporte Olivier Landel, délégué général de l’Acuf, l’association des communautés urbaines de France. De grands assureurs cherchent à diversifier leurs investissements sur des titres plus rémunérateurs que les obligations d’Etat.»

L’opération se fera sur le modèle de l'émission commune réalisée par 22 collectivités en 2008 pour 120 millions d’euros à 20 ans et des précédentes, regroupant 14 d’entre elles de 2004 à 2007. Il n’y a aura pas de solidarité entre les emprunteurs, un mécanisme qui n’est possible que dans le cadre d’une véritable agence, et chacun d’entre eux se financera au même coût. La durée et le volume seront toutefois différents. L’obligation est envisagée à 10 ans, une maturité sur laquelle se situent l’essentiel des besoins des collectivités. Quant au montant, il pourrait monter à un milliard d’euros pour environ 70 emprunteurs participants.

«Pour des raisons de coût et d’organisation, seules les collectivités ayant les besoins les plus importants sont sollicitées, explique Olivier Landel. Nous nous concentrons principalement sur les besoins individuels d’au moins 10 millions d’euros.» Chaque communauté représente 20 à 30 pages de prospectus et une analyse financière, précise-t-il. Des démarches juridiques seront aussi nécessaires avant l'émission. Une agence de notation devra enfin évaluer la structure. Noté Aa3 lors son lancement en 2008, l’emprunt conjoint «Collectivités Territoriales de France n°1» ressort à présent à A1.

Les banques ont recommandé aux collectivités de se tenir prêtes à émettre le plus tôt possible, afin de profiter d'éventuelles fenêtres d’opportunité dès la fin du mois de juillet. Si l’opération avait lieu actuellement, le coût d’emprunt pour les collectivités ressortirait à OAT + 100 points de base environ, ont-elles estimé. En mars, la région Ile-de-France qui est un émetteur récurrent noté AA+, a émis à 12 ans avec une marge de 43 pb au-dessus du rendement français.

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