Les collectivités locales ont joué la sécurité dans leur financement en 2010
Echaudées par les affaires d’emprunts toxiques, les collectivités locales françaises et leurs banques ont joué la sécurité l’an dernier, d’après l’Observatoire Finance Active 2011. Sur les nouveaux emprunts réalisés en 2010, 100% sont peu risqués, si l’on se réfère à la charte Gissler signée entre emprunteurs et banques dans la foulée de ces scandales. 98% des emprunts ont été souscrits à taux fixe ou à simple taux variable. La part des taux structurés dans le stock de dette s’est repliée de 22,4% à 19,9%, la dette structurée étant dominée par les produits à barrière sur taux, de pente et de change. La dette de risque limité, du coup, représente près de 90%.
Les collectivités locales ont réussi en 2010 à profiter du contexte de taux historiquement bas pour maîtriser leur coût de financement. Le coût moyen de leur dette ne s’est tendu que de 12 pb passant de 2,97% en 2009 à 3,09% en 2010. En 2008, il s’établissait encore à 3,79%. Le taux ne devrait remonter qu’aux alentours de 3,3% à fin 2011, selon les projections de Finance Active.
En revanche, les marges remontent. Sur les nouveaux financements, les marges bancaires ont crû de 13 pb à 69 pb sur les prêts à long terme sur Euribor et de 11 pb à 86 pb sur les lignes de trésorerie, contre seulement 2 pb à 95 pb pour les emprunts long terme sur dérivés Eonia. Les conditions les plus avantageuses ont été réalisées sur les emprunts long terme à taux variable. La durée de vie moyenne de la dette, elle, stagne à 14,8 années.
Les collectivités les plus grandes ont le moins bien maîtrisé le coût de la dette. Pour les communes et EPCI (établissements publics de coopération intercommunale) de plus de 50.000 habitants, de plus de 100.000 habitants et les régions, il s’est accru, dans l’ordre, de 20 pb, 14 pb et 16 pb à 3,38%, 3,15% et 2,70%. Pour les communes de plus de 20.000 habitants et EPCI de moins de 50.000, il ne s’est renchéri que de 7 pb à 3,48%. Le taux moyen de la dette des collectivités est anticipé pour fin 2011 à 3,31%, en hausse de 12 pb.
Côté acteurs, BPCE a été le premier prêteur avec 43% des flux 2010, contre 22% pour le Crédit Agricole et 11% pour Dexia, qui a levé le pied. Ce dernier reste cependant premier créancier avec 32% de l’encours de prêts, à comparer à 24% pour BPCE, 16% pour le groupe Crédit Agricole et 10 % pour la Société Générale.
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