Les collectivités locales françaises vont intensifier leur recours au marché
Les collectivités locales françaises vont être particulièrement actives sur les marchés de capitaux dans les années à venir. C’est la prédiction faite par Moody’s qui s’attend à un triplement de la dette émise par ce biais pour atteindre 18% du stock total d’ici à 2017, contre 6% actuellement.
Un phénomène qui va faire refluer le risque de liquidité, les collectivités disposant alors d’un large éventail d’options, et que l’agence de notation explique par la combinaison de trois facteurs.
D’abord, le maintien d’un environnement de taux d’intérêt bas, au moins jusqu’en 2018, grâce à la politique accommodante menée par la Banque centrale européenne. Ensuite, une réduction graduelle de la taille des opérations favorisant la venue sur ce marché d'émetteurs de taille modeste. La communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines a ainsi levé 5 millions d’euros seulement en novembre 2013. «Nous notons également que la réforme territoriale annoncée récemment pourrait donner à des régions nouvellement fusionnées la taille suffisante pour émettre individuellement de la dette à des conditions favorables», poursuit Moody’s. Enfin, le développement de l’activité de financement de l’Agence France Locale devrait changer la donne. Le mois dernier, 26 autres collectivités locales ont rejoint l’agence, portant le nombre total de ses actionnaires à 51.
«Néanmoins, les banques continueront à détenir la plus grande partie de la dette du secteur, avec les institutions financières publiques (Banque Postale et CDC, ndlr) intervenant en tant que principaux financeurs des nouveaux prêts», précise le rapport piloté par l’analyste Daniel Marty. «La manière dont les banques privées maintiendront leur position sur le marché des collectivités locales sera largement tributaire de la mise en œuvre de Bâle 3 et de leur intérêt à prêter aux collectivités avec des prêts qui sont généralement utilisés comme collatéral pour les émissions de dette sécurisée», souligne le rapport.
A horizon 2017, les banques commerciales détiendraient 40% de la dette des collectivités locales, devant les autres opérateurs publics (37%), les marchés de capitaux (18%) et Dexia (5%). A cette date, le besoin de financement des collectivités devrait tourner autour de 17 à 21 milliards d’euros par an.
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