Les collectivités chinoises gagnent en indépendance financière
Dans le cadre de mesures visant à rendre les finances locales plus indépendantes et transparentes, le Congrès chinois a approuvé officiellement cette semaine le projet visant à autoriser les collectivités à émettre directement sur les marchés pour assurer leurs besoins de financement, étendant ainsi le programme pilote établi depuis 2011 pour dix villes et provinces cibles. Cette réforme, jugée positive pour la qualité de crédit des collectivités par Fitch hier, est destinée à contenir l’explosion du recours à des véhicules ad hoc (LGIV) pour financer des projets d’infrastructures par le biais d’emprunts bancaires mais surtout auprès de sociétés fiduciaires («Trust»).
«Le caractère officieux et segmenté de ces prêts signifie que le degré de contrôle et de transparence y est très faible. Sans compter que la maturité des prêts (inférieure à 3 ans) ne correspond pas à la nature longue des projets d’infrastructures financés», explique RBS. La dette locale était estimée à 17.890 milliards de yuans (environ 2.250 milliards d’euros) fin juin, dont 40% sont constitués d’emprunts hors bilan contractés par les LGIV. Alors que neuf provinces ont échoué à rembourser 800 millions d’intérêts dus en mars, RBS estime que le recours aux émissions permettra d’allonger les maturités et de réduire les taux.
Dans le cadre du programme pilote, la ville de Pékin a émis fin août pour la première fois 10,5 milliards de yuans d’obligations à 5, 7 et 10 ans à des taux de 4%, 4,18% et 4,24%, et rejoint ainsi sept autres collectivités. A titre de comparaison, le rendement des obligations d’Etat chinoises de maturités 5 ans et 10 ans cotaient hier à respectivement 3,91% et 4,23%. «Récemment, il y a eu des cas où les taux étaient inférieurs à ceux des obligations d’Etat, avec un soutien particulier des banques locales», précise Frances Cheung, stratégiste chez CA CIB.
Les autorités espèrent que la nécessaire notation des obligations, bénéficiant toutes d’un AAA, incitera les collectivités à davantage de discipline. «Les emprunts des collectivités chinoises resteront encadrés et régulés par l’Etat et diffèreront ainsi de l’approche américaine où marché obligataire et notations jouent un rôle disciplinant», indique néanmoins RBS. Les émissions seront soumises à des quotas, conditionnées à l’arrêt des emprunts bancaires et parallèles, strictement réservées aux financements de projets d’investissements, et non garanties par l’Etat central.
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