Les CMBS européens entrent dans une phase de refinancement délicate
Janvier s’annonce difficile pour le marché des titres adossés à des prêts hypothécaires commerciaux (CMBS). Selon Fitch, il verra les plus grosses tombées de dette depuis le début de la crise. 36 prêts sous-jacents représentant 2,6 milliards d’euros arrivent à maturité. Parmi eux, six sont supérieurs à 100 millions d’euros. De quoi inquiéter l’agence sur la capacité des gestionnaires de recouvrement (special servicers) à administrer des portefeuilles de prêts grandissants.
Car le marché est au plus mal : les bureaux peinent à trouver preneur et perdent de leur valeur tandis que les banques se séparent de certains actifs risqués et réduisent leur bilan. Résultat: les financements se font rares et devraient plutôt être réservés aux prêts adossés à des actifs de bonne qualité, qui affichent un ratio de dette sur valeur des actifs (LTV) bas.
Or, la majorité des prêts arrivant à maturité sont adossés à des actifs qui ne sont pas de la meilleure qualité. En moyenne, le ratio LTV est de 98%, «ce qui suggère que la plupart des prêts arrivant à maturité en 2012 ne verront pas leur principal remboursé à temps», estime Fitch. L’agence cite notamment un prêt de 180,5 millions d’euros dû pour le 18 janvier. Monté par Credit Suisse, il est adossé à quatre immeubles de la banlieue parisienne.
Les gestionnaires pourraient avoir à étendre la maturité des prêts, les restructurer, voire plus. En décembre sur les prêts arrivés à maturité, 27,1% avaient été remboursés, 42,1% avaient été étendus et 26,4% étaient en cours de renégociation ou tout simplement en attente. Les ventes forcées et saisies ont été relativement rares jusqu’ici mais pourraient se multiplier.
La première vente forcée dans l’immobilier français a été conclue en mai 2011. Sous la pression du gestionnaire de recouvrement, Barclays, l’immeuble Front de Parc basé à Clichy, dont les loyers ne permettaient plus de rembourser les intérêts du prêt, a été vendu à 88,7 millions d’euros. L’opération s’est traduite par une perte pour la titrisation de 29,2 millions d’euros.
Janvier 2012 marque seulement le début des hostilités. Selon Moody’s, les besoins de refinancement seront au plus haut cette année mais aussi en 2013 avec 35 milliards d’euros de prêts en jeu. DTZ évalue l’écart entre les besoins et les financements disponibles à 90 milliards d’euros pour les trois ans à venir.
{"title":"","image":"77778»,"legend":"titrisations»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre. -
JPMorgan publie un bénéfice net en hausse au deuxième trimestre
Malgré ces bonnes performances, le titre affichait une baisse de 2,5% en pré-ouverture. Les investisseurs prennent leurs bénéfices et restent prudents face aux risques à venir. -
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta. -
Les banques allemandes veulent récupérer les garanties perdues à cause des sanctions russes
Deutsche Bank, HVB et Commerzbank ont intenté un procès à l’entreprise Linde. Elles lui avaient accordé des garanties pour un projet gazier qui a été annulé à cause des sanctions internationales contre la Russie. Le résultat du procès pourrait influer sur la manière dont les banques envisagent leurs garanties dans des pays politiquement exposés. -
Mastercard sécurise son futur sur la blockchain
L'entreprise souhaite proposer à ses clients à la fois des cartes pour payer en cryptomonnaie, des stablecoins pour les paiements transfrontaliers et des dépôts tokenisés pour les banques.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
#DigitalCitizenA un pixel près
Entre injonction de la CNIL, agacement d’être suivi et plaisir de tout partager, un programme plus petit qu'une fourmi sait quand vous ouvrez vos e-mails, où et sur quel écran -
Royaume-Uni : Andy Burnham a engrangé assez de soutien au Labour pour devenir Premier ministre
L'ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham, a obtenu le soutien nécessaire des députés travaillistes. Il lui reste a gagner l’aval de trois organisations affiliées, dont au moins deux syndicats. Ce qui devrait être une formalité -
Voilà du boudin« L'intégration dans la Légion étrangère fonctionne dans un cadre particulier, coupé du reste de la société »
Unité emblématique de l’armée française, la Légion étrangère est un creuset réussi d’intégration, tourné vers le combat. Un livre ausculte ce monde à part