Les clignotants sont au vert pour un nouveau geste monétaire de la Chine
Les yeux sont rivés sur la Chine. L’inflation chinoise est tombée à 3,2% en février, un plus bas depuis juin 2010, après 4,5% en janvier. Une chute certes largement due au coup de frein sur la hausse des prix de l’alimentation (qui représente 62% de l’indice global), de 10,5% en janvier à 6,2%, imputable au nouvel an chinois. Néanmoins, l’inflation globale est tombée à un niveau suffisamment inférieur à l’objectif de 4% fixé par le premier ministre, Wen Jiabao, pour dégager des marges de manœuvre monétaire.
Un soutien qui serait bienvenu alors que la production industrielle a ralenti à un rythme annuel de 11,4% sur les mois de janvier et février (contre 12,3% attendu), et les ventes de détail à 14,7% (contre 17,5% attendu). Les importations ont progressé de 39,6% en février par rapport à la période comparable de 2011, générant un déficit commercial record de 24 milliards d’euros. Dans le même temps, les prêts accordés bancaires ont crû de 710,7 milliards de yuans en février, en deçà des 750 milliards prévus par le consensus.
Afin d’atteindre les 7,5% de croissance visés par le gouvernement, Natixis anticipe une politique fiscale plus accommodante (baisses d’impôts et soutien à la consommation) et des mesures monétaires ciblées. Le gouverneur de la Banque popualire de Chine a indiqué ce matin que Pékin avait de larges marges de manoeuvre pour réduire le ratio des réserves obligatoires. Une baisse des taux semble cependant écartée. «L’investissement restant à un niveau très élevé, l’activation du levier des taux de refinancement, qui agit principalement sur cette composante plus que sur la consommation privée, devrait être limitée» explique CM-CIC.
Et Pékin ne compte pas relâcher la pression sur l’immobilier, du fait de l’importance des demandes en attente. GaveKal estime entre 60 et 70 millions la différence entre le nombre de ménages résidant en ville et le nombre de logements résidentiels. Or, 7 millions de logements par an sont nécessaires juste pour faire face aux nouveaux arrivants. Au rythme actuel de construction de 10 millions par an, il faudra quinze à vingt ans pour satisfaire la demande totale.
Côté budgétaire, les marges de manœuvre sont limitées. Le président d’ICBC a chiffré la dette publique à 43% du PIB, soit 17.500 milliards de yuans dont 60% imputables aux collectivités locales. GaveKal estime que la dette totale (publique et privée) est passée de 160% du PIB en 2008 à 200%.
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