Les clients des CGPI s’adaptent aux faibles rendements de l'épargne
La frilosité culturelle supposée, les déconvenues boursières depuis 15 ans et l’existence de placements sûrs et relativement rémunérateurs (livrets d’épargne) ont longtemps servi à expliquer le peu d’appétit des investisseurs particuliers français pour le risque. Si l’on en croit le troisième baromètre annuel de Morningstar, la tendance serait en diminution.
Le bureau d’analyses indépendant a interrogé plus de 400 conseillers en gestion de patrimoine (CGP), dont 95% exercent leurs métiers prioritairement auprès de particuliers. A la question relative au comportement de leurs clients en 2015, la moitié estiment que ces derniers seront plus méfiants. Cette proportion n’est pas négligeable, mais elle est en nette diminution par rapport au baromètre de 2013 (57%) et surtout par rapport à celui de 2012 (75%).
Ce recul ne bénéficie pas aux plus confiants (qui restent à 5% sur un an), mais plutôt aux indécis (qui passent de 10% à 17%). Les CGP qui anticipent que leurs clients feront preuve de davantage de souplesse gagnent 2 points à 29%. Mais c’est la catégorie qui progresse le plus depuis 2012 (+14 points). «Le manque de visibilité explique sans doute cet attentisme ou ce besoin de flexibilité. D’autres éléments semblent également militer pour la mise en place de solutions flexibles, comme les évolutions fiscales», indique Morningstar.
En outre, la baisse du rendement des livrets d’épargne pousse les investisseurs à chercher des sources alternatives de performance. Ainsi, 69% des CGP pensent que leurs clients devraient arbitrer en faveur de placements plus rémunérateurs, tandis qu’aucun épargnant ne semble prêt à renforcer ses positions sur ces livrets.
Vers quoi se porte l’attention des investisseurs? Les produits d’assurance-vie en unité de comptes (UC), plus rémunérateurs que les fonds en euros, ont davantage la cote: ils progressent d’un point à 28% par rapport à 2013, contre 22% en 2012. Les fonds en euros gagnent 2 points (à 16%), retrouvant leur niveau de 2012. Le grand perdant est l’immobilier, pierre comme papier (-4 points sur un an, à 29%). Les produits financiers restent perçus avec prudence: les mandats de gestion et les produits structurés gagnent 1 point à 9% et 6% respectivement.
Les CGP, eux, comptent se pencher sur les actions émergentes (+5 points à 15%), le non coté (+3 à 12%). Ceci surtout au détriment des actions des pays développés (-6 à 18%) et des convertibles (-5 à 10%).
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