Les CDS sur la Grèce seront débouclés
Evénement de crédit. Voici le résultat des discussions conduites entre les banques et les fonds actifs sur les CDS grecs. Les responsables de l’ISDA ont pris à l’unanimité cettedécisionquise traduira par le débouclage des contrats de protection contre le risque de défaut de la Grèce, pour environ 3,2 milliards de dollars. Ce dédommagement des porteurs de CDS que les autorités ont longtemps voulu éviter en raison de son risque systémique potentiel aura finalement lieu, les craintes sur les conséquences d’un tel événement s'étant apaisées.
Pour Robert Pickel, le directeur général de l’ISDA, interviewé par CNBC, il s’agit par bien des aspects d’un «résultat attendu». Composé de 10 banques et 5 fonds votants, le comité de détermination s’est réuni vendredi après-midi à la suite de la décision de la Grèce d’activer les clauses d’action collective (CAC) sur les emprunts d’Etat. Le gouvernement souhaite ainsi contraindre les investisseurs n’ayant pas participé à l’offre d'échange, bouclée le 8 mars dernier, à participer à la restructuration de sa dette souveraine.
Ce défaut souverain record, les autorités européennes ont d’abord cherché à l’empêcher. Elles craignaient non seulement le risque de réaction en chaîne sur les marchés financiers, mais aussi le message qui serait ainsi délivré, compte tenu de l’indemnisation d’investisseurs financiers induite par un tel débouclage. Mais l’environnement a fait évoluer leur perception. Evoqué de longue date, le déclenchement des CDS semble à présent intégré par le marché et le risque systémique écarté. A l’inverse, empêcher à tout prix l'événement de crédit aurait finalement pu être mal perçu. L’efficacité des CDS aurait ainsi été remise en question à un moment où des investisseurs comptent sur cette protection, notamment sur le Portugal. Sans CDS, les rendements des pays périphériques risquaient de bondir de nouveau.
«Bien que nous ne pouvions pas exclure des problèmes inattendus dans le processus de règlement des CDS ni l’incapacité d’une contrepartie à respecter ses engagements, nous estimons que le montant relativement faible de l’exposition notionnelle nette (3,16 milliards d’euros, ndlr) et les progrès dans la gestion du risque de contrepartie sur les trois dernières années signifie que le processus sera relativement sans histoire», analysent les spécialistes taux de Barclays Capital. A ce propos, les données publiées par l’Autorité bancaire européenne (EBA en anglais) sont effectivement rassurantes pour les banques européennes. A fin septembre 2011, l'établissement de la région le plus exposé était UniCredit avec un montant notionnel net à la vente de 300 millions d’euros.
Même s’il n’est pas systémique, le débouclage sera suivi de près par les marchés, afin d’avoir une vision claire des sommes que les banques devront effectivement débourser. Dans le cadre du processus d’enchères prévu le 19 mars, les banques participantes indiquent d’abord à quel prix elles sont prêtes à acheter ou vendre la dette sous-jacente, ce qui fixe le taux de recouvrement. En cas de règlement physique, la banque vendeuse de protection reçoit les titres décotés de la part de l’acheteur et lui verse la valeur du titre au pair. En cas de règlement cash, le vendeur verse à l’acheteur la différence entre le pair et le taux de recouvrement.
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