Les CDO synthétiques pourraient pâtir de la nouvelle méthodologie de Fitch
La récente proposition de Fitch visant à modifier sa méthode de calcul pour les obligations adossées aux dettes d’entreprises (corporate CDO) pourrait être lourde de conséquences pour les CDO synthétiques. Selon l’agence, ces transactions, qui permettent aux banques de céder le risque d’un portefeuille sous-jacent au travers d’un CDS (credit default swap) sans transfert de cash, seraient les plus touchées par la nouvelle approche. Celle-ci comprend entre autres le réexamen des taux de défaut et des taux de recouvrement en cohérence avec les études empiriques. Sur les 600 transactions de CDO suivies par l’agence et pesant 220 milliards de dollars de dettes, 370 sont des CDO synthétiques de dettes notées « investissement ». Pour Sonia Zeggane, gérante de produits structurés chez OFI, « la nouvelle méthodologie de Fitch, si elle est adoptée en l'état, impactera l’ensemble des tranches notées par Fitch soit environ 75 milliards de dollars de CDO corporate synthétiques, dont 50 milliards de AAA. L’ampleur moyenne des dégradations à attendre est de 5 crans. Cela commencera par les CDO statiques et se poursuivra sur les CDO managés. Néanmoins, à l'échelle du marché, le volume de transactions noté par Fitch n’est pas très important. Il est assez probable que de nombreux porteurs de tranches statiques notées par Fitch se tournent vers des gérants/conseillers pour trouver des solutions à leur problème de dégradation ».
Selon Fitch, les titrisations synthétiques devraient subir des dégradations allant de 2 à 10 crans, contre 0 à 3 crans pour les CDO de portefeuilles concentrés de dettes de PME européennes. Alors que cette approche s’appliquerait aux CDO à portefeuille concentré (50 à 500 débiteurs), Fitch ajoute que « les dégradations les plus sévères sont attendues sur les transactions ayant actuellement peu ou pas de coussin de rehaussement de crédit et avec une forte concentration de débiteurs et/ou sectorielle». Par nature, la capacité de rehaussement de crédit est limitée pour les portefeuilles de dettes notées « investissement », à l’opposé des portefeuilles de junk bonds.
Alors que Lehman Brothers prévoit une chute en 2008 de 50 % des émissions de CDO synthétiques, celles qui sont engluées dans le pipeline depuis des mois (Ocelot CDO III, Piccadily III) risquent de devoir attendre l’adoption par Fitch de sa méthodologie avant de venir tester le marché primaire.
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
Les marchés de taux intègrent un statu quo pour la réunion monétaire de jeudi, au motif que le Conseil pourrait se donner le temps d’évaluer la véritable transmission du choc énergétique à l’inflation. Ils sont cependant persuadés que la BCE procédera à deux hausses de taux ensuite. -
Andy Burnham veut changer le modèle politique et économique du Royaume-Uni
Cette profonde transformation pour mieux répartir le pouvoir, réindustrialiser le pays et instaurer une nouvelle collaboration, reste à décliner en mesures concrètes. Le nouveau premier ministre doit encore constituer son gouvernement, mais la nomination surprise du très expérimenté John Healey au poste de ministre des Finances peut rassurer les marchés. -
La Chine chamboule les modèles d’affaires de l’IA
Le laboratoire chinois MiniMax propose des modèles d’IA de dernière génération à des prix inférieurs à ceux des modèles destinés au grand public. Comme cela avait été le cas avec DeepSeek en 2025, la Chine casse les prix. -
La Corée du Sud avance sur son projet de won digital
La banque de Corée devrait lancer en septembre la phase 2 de son projet Hangang, alliant won digital de banque centrale et dépôts tokenisés. Elle travaille main dans la main avec neuf banques. -
La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
Après avoir rassemblé ses activités de banque de grande clientèle et de marchés, la BFI de Bred Banque Populaire a changé d’échelle. Toujours à la recherche de croissance, elle développe maintenant une activité de banque de restructuring. -
Les investisseurs luxembourgeois adoptent l’IA dans leur gestion, leur vision économique et leurs portefeuilles
Selon une étude publiée par Swissquote Bank Europe, l’IA n’est plus un simple outil de recherche mais un levier incontournable d'analyse quantitative et de gestion des risques.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
- Goldman Sachs enregistre des encours record au deuxième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF CapitalisationSouveraineté industrielle : l'urgence de la capitalisation
Après le rachat de LMB Aerospace par un groupe américain, Sébastien Lecornu avait chargé trois parlementaires d'évaluer l'arsenal français dans un contexte de guerre économique mondiale. L'Opinion dévoile en exclusivité leurs recommandations -
Bouche-trouParis : logements vacants et meublés de tourisme surtaxés dès 2027
Le Conseil de Paris a voté la semaine dernière deux nouvelles mesures fiscales défavorables aux propriétaires, alors que les recettes sont plombées par un marché immobilier atone -
EditorialAvantage en nature chez EDF : le scandale des rentiers de l'Etat-providence
La France soi-disant ultra-libérale est bonne fille : ce droit octroyé en 1947 n'a pas été révisé depuis 1951