Les biens intermédiaires soutiendront le rebond de l’activité française
Soutenu par les mesures de relance et la reconstitution des stocks des entreprises, le rebond de l’activité française entamé au printemps dernier devrait se poursuivre au cours des six prochains mois, estime en ce début d’année le Crédit Agricole-LCL dans ses dernières perspectives économiques et sectorielles. Selon son économiste Olivier Bizimana, la pérennité de cette reprise «fragile et incertaine» reposera à partir de l’été davantage sur la capacité de la demande domestique à «prendre progressivement le relais des facteurs temporaires»; ceci est loin d’être acquis dans un contexte de hausse du chômage et d’une dynamique d’investissements encore bridée par le niveau élevé d’endettement des entreprises. Ce facteur constitue l’aléa principal d’un scénario qui prévoit une hausse moyenne de 1,5% du PIB français en 2010 après une contraction de 2,3% l’année dernière.
Les prévisions sectorielles fondées sur la production domestique tiennent compte de cette timide reprise qui s’effectue «sur des niveaux d’activité particulièrement déprimés», sauf dans l’agroalimentaire qui a renoué dès la mi-2009 avec une légère croissance. Alors que la baisse de l’activité a touché, en pourcentage pondéré du poids des secteurs, plus des trois quarts de la production française l’an passé, ce chiffre ne serait plus que de 36% en 2010 selon le Crédit Agricole-LCL. Un quart de la production domestique resterait stable et l’activité serait en hausse pour les 39% restants.
Hormis la pharmacie qui confirme son caractère acyclique avec une progression de son activité proche de 5% (cf. graphique), les rebonds les plus importants devraient concerner les biens intermédiaires. Si la croissance attendue de la production verrière et papetière est étale, la sidérurgie, qui devrait afficher la plus forte hausse (+12% après -29% estimés en 2009) bénéficiera d’une normalisation de ses stocks et dans une moindre mesure d’une amélioration des prix. La reconstitution des stocks contribuera de même grandement au redressement des différents segments de la chimie (minérale, organique, engrais) dont la production globale croîtrait ainsi de 8% après s’être repliée de 18% en 2009.
La construction, qui représente un tiers de la valeur ajoutée de la production domestique, restera particulièrement déprimée dans le non-résidentiel, tandis que l’entretien-rénovation «se stabilisera grâce au soutien du prêt écologique à taux zéro». La stabilisation du segment des travaux publics proviendra pour sa part des effets positifs des grands travaux d’infrastructures «à partir du second semestre 2010». Le secteur automobile évoluerait de façon très hétérogène avec un rebond de près de 10% de la production nationale de véhicules utilitaires de plus de 5 tonnes «lié au renouvellement partiel des flottes»; les voitures particulières et les équipementiers enregistreraient au contraire un nouveau repli de leur activité de respectivement 5% et 8%.
Parmi les principales baisses, on devrait retrouver cette année les industries dont la production connaît en France un déclin séculaire. Dans les biens de consommation, il s’agit du textile, de l’habillement ou des chaussures qui souffrent de la délocalisation et verraient leur production reculer de 10%. Après un plongeon de 32% l’an dernier, l’activité de construction et de réparation navales, qui «restera suspendue aux mesures de soutien des pouvoirs publics», devrait cependant détenir la palme de la plus mauvaise performance avec une contraction de 30%.
Plus d'articles du même thème
-
La faiblesse du yen tourne au casse-tête pour le Japon
La devise nippone est au plus bas depuis 40 ans, malgré des interventions massives. La Banque du Japon ne semble pas en mesure d’y remédier de façon crédible. Les écarts de taux encouragent toujours plus les stratégies de portage sur les marchés mondiaux, avec les risques qu'un débouclage soudain comporterait. -
Soitec prévoit une croissance de plus de 30% des revenus au deuxième trimestre
Soitec a publié de manière anticipée un chiffre d'affaires trimestriel en forte hausse, tiré par l'explosion de la demande en IA et son activité Photonics-SOI. Les perspectives restent solides. -
Les régulateurs français et néerlandais dévoilent des propositions pour parvenir à la supervision centralisée
Dans le cadre du paquet de mesures dévoilées par la Commission européenne en décembre dernier, la surveillance centralisée est au cœur des débats. Pour réussir cette transformation, l’AMF et son homologue néerlandais (AFM) ont publié cinq recommandations. -
Alstom anticipe une accélération de sa dynamique commerciale
Alstom confirme ses objectifs annuels et anticipe une accélération de sa dynamique commerciale, malgré un repli des prises de commandes au premier trimestre. -
Ipsos abaisse ses prévisions de ventes en 2026
Malgré un rebond au deuxième trimestre, Ipsos révise à la baisse sa prévision de croissance organique pour 2026 autour de 2 %, tout en maintenant son objectif de marge opérationnelle. -
Dassault Aviation maintient son plan de vol pour 2026
Dassault Aviation confirme ses objectifs annuels après un premier semestre marqué par une forte hausse de son chiffre d'affaires.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot