Les banques utilisent à nouveau en masse la facilité de dépôt de la BCE
La semaine dernière, l’injection record de liquidités de la Banque centrale européenne a rempli son objectif : apaiser encore le marché monétaire. Le taux au jour le jour Eonia est ainsi tombé à 0,38 % hier, contre 0,75 % avant l’opération.
Avec cette première opération de refinancement à un an, d’un montant de 442 milliards d’euros, la BCE entendait aussi faciliter la production de crédit, un phénomène qui ne sera visible que dans la durée. Pour le moment, les banques jouent la prudence. Depuis l’injection de la banque centrale, elles ont massivement utilisé sa facilité de dépôt, comme l’anticipaient les stratégistes. Cette dernière n’est pourtant rémunérée que 0,25 % alors que le refinancement coûte 1 % aux banques. Le 29 juin, les banques ont déposé 242,2 milliards d’euros à la BCE, un montant inédit depuis le 19 janvier. Le 9 janvier, les dépôts avaient atteint un record à 315,3 milliards d’euros. A l’opposé, les banques n’avaient placé que 7,4 milliards d’euros à la veille de l’opération à un an, le plus bas niveau depuis le début de la crise.
Afin de gérer l’excès de liquidités dans le système, les banques réduisent leurs demandes sur les opérations de refinancement à plus court terme. La preuve, la BCE n’a alloué hier que 105,9 milliards d’euros hier pour la facilité à sept jours. Or, elle estimait au préalable que la demande atteindrait 363 milliards d’euros.
« La BCE souhaite apparemment laisser le marché gérer lui-même l’excès de liquidité, même si cela entraîne une grande volatilité de l’Eonia », expliquent les économistes de Barclays Capital. Dans ce contexte, le marché espère que Jean-Claude Trichet évoquera les perspectives de la BCE pour le marché monétaire, en particulier sur la volatilité de l’Eonia, lors de sa conférence de presse jeudi.
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