Les banques sont encore prêtes à financer de grosses transactions
De nombreux professionnels répètent depuis plusieurs mois que la crise du crédit a donné un coup d’arrêt aux rachats par effet de levier supérieurs au milliard d’euros. Mais dans l’univers des fusions et acquisitions classiques d’origine industrielle, les banques restent encore prêtes à ouvrir largement leurs bilans. En témoigne l’offre formelle de rachat que le premier groupe mondial minier BHP Billiton a annoncée cette semaine sur son concurrent Rio Tinto. Une opération à 147 milliards de dollars qui écrase le classement hebdomadaire réalisé pour L’Agefi par Mergermarket.
Le géant minier s’est en effet assuré un financement bancaire de 55 milliards de dollars (38 milliards d’euros). Une manne destinée non pas à payer l’offre, réalisée uniquement par échange de titres, mais à refinancer la dette de la cible ainsi que les 30 milliards de dollars de rachats d’actions que BHP a promis au marché dans les douze mois suivant l’OPE. De mémoire de banquier, ce prêt constitue un record, dépassant les 35 milliards accordés à l’électricien italien Enel pour le rachat de l’espagnol Endesa en avril 2007.
Deux des établissements aux bilans les plus malmenés par la crise du subprime, Citigroup et UBS, figurent même au rang des banques mandatées pour arranger l’opération. Ils y côtoient Barclays Capital, BNP Paribas, Goldman Sachs, HSBC et Santander. Sur ces sept établissements, cinq pourront, il est vrai, se rémunérer aussi en tant que banquiers conseils de ce qui s’annonce comme l’une des plus grosses transactions de l’histoire (Santander et BarCap ne sont pas présents dans le conseil en F&A).
Si l’opération va à son terme, il restera encore à surveiller la syndication du prêt. Seuls les résultats de cette dernière permettront de mesurer l’appétit réel de l’ensemble des grandes banques à ouvrir leur carnet de chèque. Dans l’immédiat, une autre opération d’envergure, quoique plus modeste, devrait en fournir un aperçu en Europe : la syndication des 7,2 milliards d’euros de prêts accordés à Lafarge pour le rachat de cimentier égyptien Orsacom Cement. La transaction doit être bouclée aujourd’hui. De sources de marché, une dizaine de banques ont déjà donné leur accord pour y participer en tant que mandated lead arranger, moyennant un ticket unitaire de 500 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%. -
Wall Street prospecte le filon des activités que l'IA ne pourra pas remplacer
Casinos, complexes de loisirs : outre-Atlantique, un nombre croissant d'investisseurs s'entiche du "location based entertainment", ces loisirs et expériences physiques ancrés dans un lieu précis. -
PARTENARIATAccalmie géopolitique : pourquoi les métaux stratégiques restent sous pression
Ormuz rouvre, mais le déficit d'aluminium et les goulets d'extraction persistent. Quel impact sur les portefeuilles -
PARTENARIATLes trois leviers structurels qui maintiennent les marchés mondiaux de l'énergie en équilibre
Entre choc et résilience, la crise au Moyen-Orient offre l’opportunité d’analyser comment les marchés énergétiques s'adaptent grâce à des mécanismes structurels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés