Les banques préfèrent les obligations sécurisées à la dette garantie par les Etats
Le programme de rachat de « covered bonds » de la BCE a relancé l’activité primaire. 90 milliards d’euros pourraient être émis sur l’année
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Violaine Le Gall
Depuis deux mois, les dettes en euro garanties par les Etats sont en perte de vitesse par rapport aux obligations sécurisées. Le volume des premières est à présent inférieur à celui des secondes. En juin, 11 milliards d’euros ont été émis par les banques avec une garantie gouvernementale contre 15 milliards en mai et 29 milliards en avril. Le mois dernier, 15 milliards d’euros de covered bonds nouvelles, «jumbo», c’est-à-dire d’un montant supérieur à un milliard d’euros, ont été vendues sur le marché.
Créées à l’automne dernier, en pleine crise financière, pour permettre aux banques de se refinancer, les obligations garanties perdent de leur intérêt du point de vue des émetteurs. « Les émissions d’obligations garanties devraient encore chuter dans les mois à venir, anticipent les stratégistes de Société Générale. La réouverture des marchés du crédit a incité les banques à émettre plutôt des covered bonds, car il est souvent moins cher pour les banques de se financer au travers de covered bonds long terme que d’obligations garanties. »
Les obligations sécurisées, ces dettes émises par les banques et garanties par un portefeuille de prêts hypothécaires ou de prêts au secteur public, ont bénéficié depuis trois mois du programme de rachat de la Banque centrale européenne (BCE). Même si ce dernier n’a débuté qu’hier, son annonce a déjà bien profité au segment. Depuis la première évocation publique de ce plan début mai, 30 milliards d’euros d’obligations sécurisées « jumbo » ont été émises par 24 sociétés différentes. « Sans qu’un euro n’ait été dépensé jusqu’ici, l’annonce de la BCE a fait renaître efficacement le marché primaire des covered bonds », observaient les stratégistes de Barclays Capital la semaine dernière.
Depuis le début de l’année, quatre groupes ont procédé à des émissions inaugurales. Le prochain devrait être General Electric Money Bank France qui devrait procéder prochainement à l’émission inaugurale de son programme de 5 milliards d’euros d’obligations foncières adossées à des crédits résidentiels français.
D’après Barclays Capital, les émissions « jumbo » pourraient représenter 90 milliards d’euros en 2009, soit un niveau équivalent à celui de 2008. Malgré le rebond de l’activité primaire, le volume net d’émissions devrait être négatif, les remboursements devant atteindre 105 milliards d’euros cette année.
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