Les Banques Populaires justifient leur politique d’acquisition
Le rachat des réseaux régionaux de HSBC France s’est fait à des multiples normaux, estime le groupe. Celui de Foncia produit ses premiers effets
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Alexandre Garabedian
« Bravo, mais c’est très cher. » Voilà le genre de réaction que suscite chez les banquiers l’annonce du rachat des réseaux régionaux de HSBC France par les Banques Populaires au prix de 2,1 milliards d’euros, soit 21 fois les bénéfices et 3,7 fois les fonds propres 2007. Le multiple de résultat serait même supérieur pour 2008 car la politique de couverture de taux mise en place par les cibles devrait cette année, encore plus qu’en 2007, amputer leurs bénéfices.
Le prix de la rareté ? « Une opportunité exceptionnelle », a répondu Philippe Dupont, le président du Groupe Banque Populaire, en présentant un bénéfice net 2007 de 1,34 milliard d’euros pour les banques régionales (+11,7 % sur un an), et de un milliard seulement pour le groupe en raison des effets de la crise et du rachat de CIFG.
« Ces banques sont présentes dans les régions les plus dynamiques du pays et leur PNB par client est de 40 % supérieur à la moyenne française », rappelle Bruno Mettling, directeur général délégué de la Banque fédérale des Banques Populaires. Le dirigeant juge aussi cohérent le prix payé par agence, soit 5,2 millions d’euros. « Les analystes valorisent les réseaux de la Société Générale et de BNP Paribas à 6 millions d’euros par agence, et le multiple a atteint 9,4 millions dans les dernières transactions réalisées en France », précise-t-il. La transaction HSBC France fera passer le ratio Tier one du groupe de 9,1 % à 8,4 %, avant émission de titres subordonnés. Chaque réseau sera rattaché à 100 % à la banque régionale opérant sur son territoire, à l’exception de la Société Marseillaise de Crédit, qui sera portée par la Banque fédérale en raison de sa taille.
Et pour prouver sa capacité à acheter au juste prix, le groupe a souhaité tirer hier un bilan positif d’une autre opération jugée chère à l’époque, Foncia. Acquis début 2007, l’administrateur de biens a apporté aux Banques Populaires 700 millions d’euros de trésorerie à gérer et 16.000 dossiers d’assurance habitation. « En 2008, Foncia représentera 30 % de notre production d’assurance habitation », souligne Bruno Mettling. Le démarrage est plus modeste dans le crédit immobilier avec 1.400 dossiers prévus cette année. Au total, Foncia doit procurer au groupe 30 à 35 millions de revenus additionnels d’ici à 2010.
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