Les banques françaises peuvent faire de la tarification un outil de conquête
Une première pour la cinquième étude sur la banque de détail, que font chaque année l’Efma (European Financial Management and Marketing Association), Capgemini et ING : avec une moyenne de 67 euros par an, les prix des services bancaires français sont à la fois inférieurs à ceux de la zone euro (73 euros) et, «pour la première fois », à la moyenne mondiale (70 euros) des 194 banques de détail étudiées, issues de 26 pays. Variant de 52 euros en Asie-Pacifique à 79 euros en Amérique du Nord, les écarts sont importants dans une même région : ainsi, le client nord-américain «actif» paie en moyenne 197 euros par an, soit 148 euros de plus qu’un utilisateur «peu actif».
C’est dans cette région que les tarifs ont le plus augmenté, de 5,7 %. «A l’inverse, les tarifs ont fortement chuté, de 11,1 %, en Asie-Pacifique du fait d’une compétition accrue en Australie et en Inde», relève Olivier Ducass, directeur associé de Capgemini France. En Europe, les prix ont légèrement augmenté, de 0,8 %, mais le prix du «panier de produits standards Single Euro Payments Area» a diminué plus vite dans la zone euro (passant de 41 à 38 euros) que dans le reste du monde (33 contre 34 euros en 2006). La mise en place du Sepa, l’Espace des paiements en euro, comme la part croissante de virements passés gratuitement sur internet (deux tiers contre la moitié en 2006), a justement amené les banques françaises à réduire leurs prix de 5 %. «Le prix est un levier encore faiblement utilisé. La comparaison des tarifs devrait pourtant être encouragée par la facture annuelle et le poids grandissant d’internet», prévoit Olivier Ducass.
La différenciation des prix en fonction de la clientèle est une des pistes identifiées par le rapport pour garantir aux banques des pays de faible croissance (Amérique du Nord, Europe de l’Ouest, Japon, Australie) les revenus futurs sur leurs marchés domestiques saturés. «Cette stratégie «vendre mieux» consiste à multiplier les offres ciblées, tel que le fait la Société Générale avec Boursorama, explique Patrick Desmarès, secrétaire général de l’Efma. Les nouvelles agences de Deutsche Bank sont un exemple de la stratégie «vendre plus», qui prévoit d’enrichir l’offre avec des produits non financiers. Et dans la stratégie «vendre autrement», on fait appel à d’autres distributeurs, comme le courtier Virgin Money.»
Plus d'articles du même thème
-
La France a les atouts pour relancer sa compétitivité
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions. -
PARTENARIATRéindustrialisation : reconstruire une souveraineté durable
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”. -
Le rapport de la Commission sur la compétitivité bancaire peine à convaincre
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités. -
Visa lance sa plateforme de stablecoins
La «Visa Stablecoin Platform» permettra la détention, l'échange et l'émission de stablecoins. Elle sera accessible en version bêta à une sélection de clients dans un premier temps. -
La cote parisienne s'érode inexorablement
L’Autorité des marchés financiers objective dans un document de travail l’attrition de la place de Paris, chiffrant la baisse du nombre d’émetteurs sur Euronext Paris et Euronext Growth, ce marché enregistrant un recul depuis 2024. -
Les fonds suédois collectent près de 1,5 milliard d’euros en juin
L’encours des fonds suédois atteint un nouveau record à 910 milliards d’euros.
ETF à la Une
GMO met au point un ETF dédié aux infrastructures face à la forte croissance du secteur de l'électricité
- Natixis Investment Managers crée sa plateforme d’ETF actifs
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
- Goldman Sachs enregistre des encours record au deuxième trimestre 2026
- L&G dévoile un nouvel ETF Ucits sur les actions mondiales
Contenu de nos partenaires
-
Absurdistan« Beaucoup plus vulnérables » : quand les normes de l'UE freinent l'action des pompiers français
La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France alerte sur l'impact défavorable de plusieurs normes environnementales sur leurs camions -
MédicamentsVers une baisse du prix du paracétamol ? 30 millions d’économies en jeu pour l’Assurance maladie
L’exécutif étudie une baisse de 10 centimes par boîte du prix du paracétamol. Une idée qui ferait économiser 30 millions d’euros à l’Assurance maladie sur un an -
Quitte ou doubleLa loi d'urgence agricole place Sébastien Lecornu sous pression maximale
Le sort du projet de loi destiné à venir en aide aux agriculteurs est suspendu à un article permettant le retour de l'acétamipride. Les députés du groupe de Gabriel Attal demandent au Premier ministre de tenir ses engagements et de sortir du texte la question des pesticides