Les banques européennes vont racheter progressivement leurs dettes hybrides
Rabobank a inauguré la semaine dernière le marché des obligations compatibles avec les nouvelles règles de Bâle III. La seule banque européenne notée AAA a ainsi levé 2 milliards de dollars de titres offrant un coupon de 8,375 %. Cette opération a suscité des réactions contrastées. Pour les analystes crédit de la Société Générale, elle soulève la question du prix que devront offrir les banques moins bien notées pour des émissions similaires. «C’est une bonne nouvelle pour le marché, estime pour sa part Adrian Paturle, gérant chez Axiom Alternative Investments. L’émission de Rabobank montre que les investisseurs acceptent d’acheter des titres avec des nouvelles clauses qui prévoient un transfert de risque significatif sur les porteurs obligataires.»
Après cette émission, des banques notées AA pourraient suivre. «Certes, les émissions de titres hybrides seront plus chères pour les banques que dans le passé, mais les coupons sont déductibles fiscalement et les titres permettent de renforcer les fonds propres de manière moins coûteuse et moins lourde qu’une augmentation de capital», ajoute Adrian Paturle.
Pour l’heure, les émissions de titres compatibles avec Bâle 3 devraient rester peu nombreuses puisque la nouvelle réglementation n’entrera en vigueur que début 2013.
D’ici là, les banques vont se préparer. Celles «qui ont les fonds propres suffisants ont intérêt à racheter leurs titres existants d’ici à 2013», souligne Adrian Paturle. De fait, au-delà, ces titres seront, selon leurs caractéristiques, soit sortis directement des ratios réglementaires soit progressivement disqualifiés. Par ailleurs, en ne rappelant pas les obligations à la première option de rachat (call), les banques risquent de perdre en crédibilité auprès des investisseurs.
Début janvier, Intesa Sanpaolo a ainsi procédé au rappel anticipé d’obligations lower tier 2. Mais deux autres banques italiennes, moins solides, UBI Banca et Monte Paschi, ont décidé de ne pas rembourser par anticipation des titres tier one. Elles ont en revanche augmenté le coupon offert après la date de call. Monte Paschi a expliqué son choix par l’incertitude réglementaire. «Toutefois, la raison économique doit également être prise en compte», explique le bureau d’études Aurel car le CDS sur la dette subordonnée de la banque s’est fortement écarté depuis l’été dernier, «ce qui rend difficile son accès aux marchés financiers».
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