Les banques européennes seraient peu touchées par un débouclage des CDS grecs
L’issue du plan de participation du secteur privé (PSI) au sauvetage de la Grèce est encore très incertaine alors que l’offre court jusqu’autour du 10 mars. L’opération devrait globalement solder le dossier grec pour les banques et les assureurs européens. Ils ont dans l’ensemble enregistré des dépréciations suffisantes et ont massivement vendu leurs titres ces derniers mois, à l’image de BNP Paribas dont l’exposition est passée de 3,5 à 1 milliard d’euros au second semestre 2011 et de Société Générale dont le portefeuille de dette grecque s’est réduit de 1,3 milliard d’euros à 300 millions en six mois.
Compte tenu de ces désengagements, une partie de la dette grecque est passée dans les mains de fonds qui n’ont pas participé aux négociations sur le PSI. Par conséquent, le taux de participation à l'échange volontaire est hautement incertain. La Grèce a donc prévu un autre système plus coercitif. Elle veut assortir les obligations existantes de clauses d’action collective (CAC). Dans ce cadre, si 66 % des créanciers votent en faveur de l'échange de dette, celui-ci s’appliquera à tous les porteurs de dettes.
Un tel système présente des risques importants. D’abord, l’aval des deux tiers des créanciers n’est pas acquis. Ensuite, l'échange de dette perdant alors tout aspect volontaire, il serait considéré comme un événement de crédit sur le marché des CDS, les contrats de protection contre le risque de défaut. Leur débouclage conduirait à l’indemnisation des acheteurs de CDS par les vendeurs pour 3,2 milliards de dollars, (contre 4,3 milliards de dollars dans le cas de Lehman Brothers fin 2008). Les banques européennes seront peu concernées.
Le montant notionnel net, qui correspond à la somme échangée en cas de débouclage, s'élevait à 545 millions de dollars à fin septembre 2011 pour les 65 banques européennes suivies par l’Autorité bancaire européenne (EBA). UniCredit affiche le plus important montant notionnel net, à la vente, à 299 millions de dollars. Mais le risque de contagion n’est pas exclu. «Les investisseurs doivent s’inquiéter des conséquences inattendues des décisions politiques, comme après la faillite de Lehman Brothers et l’introduction de l’idée de restructuration de la dette souveraine en Europe», avertit Arnaud Marès, chez Morgan Stanley, dans une étude sur les conséquences d’une sortie de la Grèce de la zone euro.. Dans le premier cas, les banques avaient fermé l’accès aux marchés, dans le second les rendements souverains s'étaient envolés après l’annonce du PSI.
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