Les banques européennes se ruent sur le marché de la dette japonaise
Rabobank prévoit d'émettre des obligations «Tier 2» répondant aux critères de Bâle 3 libellées en yens. Les premières pour une signature européenne.
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Patrick Aussannaire
Pour assouvir leurs besoins de financement, les banques européennes se tournent de plus en plus vers le marché primaire de la dette japonaise en profitant des taux historiquement bas garantis par la politique ultra-accommodante de la BoJ. Leurs émissions en yen (samurai bonds) ont progressé de 57% cette année pour atteindre un montant de 1.160 milliards de yens (soit près de 8 milliards d’euros), selon les données fournies par Bloomberg.
Le rendement des obligations d’Etat japonaises (JGB) est passé en territoire négatif pour la première fois de l’histoire la semaine dernière sur la partie 2 ans et est tombé vendredi à son plus bas historique de 0,41% sur la partie 10 ans. Les «obligations samouraï» offrent un rendement supérieur de 43 pb à celui des JGB, soit 4 pb de plus que début octobre, selon l’indice Bank of America Merrill Lynch. Dans ce contexte, Rabobank a mandaté Bank of America, Daiwa, Mizuho, Nomura et SMBC Nikko pour émettre ses premières obligations tier 2 répondant aux critères de Bâle 3 libellées en yen. La banque néerlandaise, dont la note de long terme a été dégradée d’un cran le mois dernier à «A+» par S&P, envisage une émission en deux tranches après celles de même type déjà réalisées en euro et en livre sterling. Le prix pourrait ressortir jeudi à des niveaux de 20 à 30 pb au-dessus du taux de swap de référence, selon Global Capital. Rabobank suivrait ainsi les traces des banques nippones Mitsubishi UFJ Financial et Sumitomo Mitsui Financial qui ont inauguré cette année le marché primaire des titres tier 2 en yen en offrant des structures de titres similaires.
De son côté, le groupe BPCE pourrait sortir dès aujourd’hui une émission d’obligations standard libellées en yens de maturité 5 ans, selon Bloomberg. Le Crédit Agricole et Deutsche Bank avaient déjà réalisé les deux plus gros emprunts le mois dernier. La banque française a ainsi levé un total de 135,5 milliards de yens en quatre tranches à des niveaux de spread compris entre 10 et 20 pb au-dessus des taux de référence et son homologue allemande 133,1 milliards. En septembre, BNP Paribas avait émis 65 milliards.
De leur côté, les banques britanniques Barclays et Lloyds ont toutes deux signé cette année leur grand retour sur le marché des «obligations samouraï» pour la première fois depuis trois ans, avec des émissions respectives de 143 et 48 milliards de yens.
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