Les banques européennes se débarrassent de leur dette italienne
La pression s’accroît encore sur l’Italie. Alors que le gouvernement italien peine à présenter des mesures de redressement économique convaincantes, BNP Paribas a révélé hier qu’elle s’était débarrassée de près de 40% de ses obligations italiennes depuis juillet pour n’en garder que pour 12,2 milliards d’euros à la fin du mois d’octobre. Un signe inquiétant pour le pays, déjà confronté à de sérieuses difficultés de financement.
La banque qui était parmi les plus grosses détentrices européennes de dette italienne (loin derrière les banques locales) aurait anticipé une décision de l’autorité européenne des banques (EBA) dévoilée le 26 octobre. Celle-ci a levé les «filtres prudentiels» qui s’appliquent aux emprunts d’Etat européens logés dans le portefeuille available for sale (AFS), en anticipation des règles de Bâle 3, forçant ainsi les banques à en constater toute la perte en valeur de marché.
«Plus vous vendez de la dette italienne ou espagnole, plus vous contribuez à ce que leurs rendements augmentent et plus vous aggravez la crise de l’euro, commente un analyste qui n’a pas souhaité être cité. Cela revient un peu à se tirer une balle dans le pied».
Pour Charles Dallara, le patron du lobby bancaire, Institute of International Finance, «la valeur de marché de la dette des pays qui sont surveillés de plus près devrait baisser encore avec le désengagement des banques vis-à-vis de la dette souveraine».
Hier, les taux italiens à 10 ans s’élevaient à 6,17% tandis que le spread avec les titres d’Etat allemands était de 425 points de base. Si elle se prolongeait cette situation coûterait très cher au pays (Voir l’Agefi du 3 novembre 2011).
BNP Paribas n’est pas un cas isolé. Hier, ING a annoncé avoir réduit son exposition à l’Italie de 46,5% à 3,4 milliards d’euros. Déjà au deuxième trimestre, Deutsche Bank s’était débarrassée de 7 milliards d’euros d’obligations, récupérées via Postbank (-87,5%). Commerzbank avait aussi réduit son exposition de 10% en juin par rapport à la fin de l’année 2010.
Selon Morgan Stanley, les 35 principales banques européennes détenaient près de 197 milliards d’euros de dette italienne au 30 juin dans leur portefeuille. Si toutes se sont allégées comme BNP Paribas, ce seraient donc 78 milliards d’euros de dette italienne qui auraient inondé le marché secondaire. De quoi expliquer une partie du dérapage des taux italiens depuis l'été.
Plus d'articles du même thème
-
La famille Seydoux devra payer le vrai prix pour son offre publique de retrait sur Gaumont
Contrainte par l’AMF de déposer cette OPR, la famille offre 90 euros par action. Un prix qui ne semble pas validé par l’expert indépendant. La note en réponse, pourtant attendue le 6 mai, n’a toujours pas été publiée. -
La mauvaise passe de l’industrie du 7ème art fragilise les banques du cinéma
Confrontées à la baisse des investissements des chaînes de télévision, celle-ci étant combinée aux difficultés économiques des distributeurs et des producteurs, les banques du cinéma se retrouvent dos au mur. -
La Banque Populaire veut aider les PME à devenir ETI
Ce programme baptisé Spinnaker d'une durée de trois ans a pour vocation d'accompagner des PME à fort potentiel dans leur accélération vers le statut d'ETI. -
Stellantis et Dongfeng relancent leur coentreprise chinoise DPCA
Si l'accord concerne à ce stade le seul territoire chinois, il pourrait être le prélude à un autre partenariat en Europe où Stellantis cherche des solutions pour certaines de ses usines confrontées à des surcapacités. -
Le sort de SFR prendra quelques semaines de plus
Les discussions avec Bouygues, Orange et Free sont prolongées jusqu'au 5 juin, ont annoncé vendredi matin les quatre parties prenantes à l'opération de plus de 20,3 milliards d'euros. -
Carne Group nomme un responsable des solutions ETF
Il s’agit de Daniel Osborne, qui est notamment passé chez State Street IM et BlackRock.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Quand Emmanuel Grégoire donne raison à #SaccageParis
Le successeur d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris a choisi de ne pas nommer d'adjoint au Patrimoine, lui préférant le « design et à l’esthétique » en décrétant un « droit au beau » dans tous les quartiers -
Ca débordeMaroc : un risque croissant d’inondation
Avec le réchauffement climatique, le Maroc risque d’être de plus en plus confronté à une alternance de sécheresses extrêmes et d’épisodes de fortes pluies -
Troisième acteVotre bilan retraite est-il encore à jour ? Pourquoi 2026 est l'année pour le refaire
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle