«Les banques européennes ont des besoins de refinancements persistants en dollar»
L’Agefi: Pourquoi tablez-vous sur une nette baisse de l’euro contre le dollar à six mois?
Jean-Luc Proutat: On parle beaucoup de l’offre de dollar, généreuse de la part de la Réserve fédérale qui procède à un nouvel assouplissement quantitatif, mais rarement de la demande. Or, dans les années qui ont précédé la crise, les avoirs en dollar des banques européennes ont quadruplé. La BRI (Banque des règlements internationaux) les évalue à 7.000 milliards de dollars. Il en résulte des besoins de refinancements en dollars persistants de ce côté-ci de l’Atlantique. Les banques allemandes, notamment, dépendent pour leurs ressources du marché des swaps cambistes. Ainsi, lorsque les tensions sur le marché monétaire s’accroissent, la recherche du dollar s’exacerbe et celui-ci a tendance à monter. Nous en tenons compte dans nos prévisions. Nous pensons par ailleurs que, au-delà du discours annonçant une normalisation progressive de sa politique monétaire, la Banque centrale européenne restera dans les faits très accommodante. Elle a d’ailleurs recommencé à acheter de la dette souveraine.
Le report d’une éventuelle nouvelle phase d’assouplissement quantitatif au Royaume-Uni peut-il être favorable à la livre sterling?
Report ne veut pas dire renoncement. Lorsque le Premier ministre David Cameron a présenté son plan d’économies budgétaires –le plus sévère de tout l’après-guerre– il a été explicitement dit qu’il serait contrebalancé par une politique monétaire très souple. Si l’économie britannique ralentit, comme c’est probable, l’assouplissement quantitatif peut reprendre. La livre sterling n’a donc guère d’arguments pour monter.
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