Les banques européennes céderont lentement leurs actifs non stratégiques
Incitées par les nouvelles régulations de Bâle 3 à réduire la taille de leur bilan, les banques européennes pourraient mettre plus de dix ans à se débarrasser de plus de 1.300 milliards d’euros d’actifs considérés comme non stratégiques, selon une étude tout juste publiée par PricewaterhouseCoopers (PwC). Le marché des fusions et acquisitions du secteur bancaire en Europe a en effet atteint «en moyenne 70 milliards d’euros par an entre 2003 et 2010».
Ces actifs sont constitués de créances diverses (prêts à la consommation ou hypothécaires, prêts aux entreprises) ou de biens immobiliers commerciaux. Ils incluent des prêts non productifs («non performing loans») qui ont encore augmenté en Europe de 15 % l’an dernier pour atteindre un montant estimé à 781 milliards d’euros. L’Allemagne est en tête de liste avec des crédits improductifs chiffrés à 225 milliards, devant le Royaume-Uni à 175 milliards.
Arrivent ensuite l’Irlande et l’Espagne avec respectivement 109 et 103 milliards d’euros de créances douteuses, et loin dernière l’Italie (76 milliards). Bien que le rythme de cette hausse soit plus faible que durant la période 2008-2009 où il avait atteint 64%, «l’impact de taux d’intérêts plus élevés, combiné aux mesures d’austérité prises dans de nombreux pays, renforce l’incertitude concernant la capacité future des entreprises et des ménages à faire face à leurs obligations financières», relève l’étude.
Ces actifs n’ont pas fait l’objet d’une cession rapide en raison d’un écart significatif entre les attentes des vendeurs et des acheteurs en termes de prix, sans oublier le temps important nécessaire à la collecte des informations, notamment pour des opérations portant sur des infrastructures. Des difficultés de financement pour des transactions de grande ampleur ont également freiné l’appétit des acquéreurs potentiels. Les banques ont donc préférer céder en premier lieu «des portefeuilles de créances homogènes ou leurs actifs les plus liquides», souligne Richard Thompson, associé chez PwC.
Les aides gouvernementales massives accordées aux banques durant la crise ont en outre souvent permis à celles-ci «d’éviter de céder des actifs dans l’urgence». Les créances issues de montages financiers complexes seront celles qui prendront le plus de temps pour être allégées, concluent les analystes de PwC.
{"title":"","image":"76977»,"legend":"fusions acquisitions Europe»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La cour d'appel ouvre la voie à un nouvel épisode du feuilleton Vivendi-Bolloré
La cour d’appel de Paris, cour de renvoi, a apporté la même réponse que l’Autorité des marchés financiers en novembre 2024 au dossier Vivendi-Bolloré, se bornant à une stricte lecture des textes, sans se prononcer sur les possibles lectures du contrôle de fait ouvertes par la Cour de cassation. -
Les prochains jours seront cruciaux pour la restructuration de Casino
Alors que les positions entre les créanciers et le premier actionnaire, Daniel Kretinsky, sont aux antipodes, le conseil d’administration du distributeur doit présenter un plan en espérant que les banques reverront leurs exigences. -
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management s'introduira en Bourse le 21 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse. -
La faiblesse du yen ne se dément pas
En dépit des rumeurs d’une possible intervention sur les marchés de changes, la devise japonaise reste très faible en lien avec la politique monétaire du Japon et l'écart avec les taux américains. -
BPCE rachète à Arkéa l'agence immobilière en ligne Liberkeys et le développeur Izimmo
Ces deux acquisitions s'inscrivent dans la stratégie du groupe visant à devenir un intermédiaire incontournable dans l'immobilier. -
En quatre ans, HR Path fait l'objet d'un deuxième fonds de continuation chez deux actionnaires successifs
Menée par Ardian, la nouvelle transaction valorise le groupe de conseil RH à près d'un milliard de dollars. L'opération a attiré plus de 30 investisseurs internationaux, emmenés par Eurazeo.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Vie de coupleLe Pen-Bardella : le pari d'un ticket inédit
Pour son lancement de campagne, Marine Le Pen vante le « ticket gagnant » qu’elle forme avec Jordan Bardella pour 2027. Une configuration inédite – et dangereuse ? – sous la Ve République -
EntêtementQuoi qu'il en coûte, l'Iran veut garder la maîtrise du détroit d'Ormuz
Le régime iranien a encore visé des navires empruntant le passage stratégique, quitte à déclencher la fureur de Donald Trump -
Prise de risqueGabriel Attal et Edouard Philippe peuvent-ils survivre à la campagne imposée par Marine Le Pen ?
Une candidature avec un bracelet à la cheville ? La leader du RN a pris son risque et savoure ce qu'elle appelle une « renaissance ». Elle promet de libérer le pays. Autant de mots qui ont fait l'identité politique des macronistes. Mais ont-ils la capacité de réagir ?