Les banques espagnoles changent leur approche de la dette subordonnée
Les banques voient dans les décotes sur la dette subordonnée une opportunité pour racheter une partie de leurs propres titres et renforcer leurs fonds propres. Ces derniers mois, plusieurs banques de la zone euro ont emprunté ce chemin, les investisseurs en profitant pour alléger leur exposition aux établissements des pays périphériques.
Dans le même temps, certaines banques se montrent de plus en plus restrictives dans leur politique de call, celle-ci impliquant le rachat de la dette à 100% de sa valeur nominale. En annonçant la semaine dernière une offre de rachat anticipé à prix décoté de 17 lignes d’obligations lower tier 2 à maturité 2017 pour un montant pouvant atteindre jusqu’à 2,8 milliards d’euros, la banque espagnole BBVA infléchit sa politique de call, à l’image de sa rivale Santander.
Cette annonce intervient en effet à une quinzaine de jours de la première date de call d’une partie de ses dettes lower tier 2. Cette évolution dans la stratégie de l’exercice des call s’explique par la nécessité de s’adapter à l’environnement économique, a déclaré un porte-parole de BBVA à Reuters. La banque a indiqué qu’à l’avenir toute décision d’exercice des options d’achat portant sur sa dette subordonnée sera prise en fonction des impacts économiques de l’opération, des exigences des régulateurs et des conditions du marché.
«BBVA fait passer un message clair. Elle indique qu’il ne faut plus s’attendre à ce qu’elle exerce ses calls de manière systématique», explique Gabriella Serres, analyste chez Aurel BGC.
En novembre 2011 Santander avait aussi renoncé à rappeler sa dette. En exerçant son call à trois reprises sur des obligations subordonnées depuis le début de l’année, BBVA avait nourri l’espoir des investisseurs qui anticipaient un rachat total de leur dette. Mais la difficulté persistante à se refinancer sur les marchés pousse les banques à conserver leur cash.
L’offre de BBVA expire le 26 octobre. Les résultats seront connus le 29. Le prix sera déterminé par une adjudication à la hollandaise (« dutch auction ») ce qui signifie que les détenteurs de titres communiquent au vendeur le montant qu’ils détiennent et le prix qu’ils sont prêts à accepter.
Néanmoins, BBVA indique un prix minimum d’achat allant de 65% à 100% de la valeur nominale pour chaque obligation, ce qui conduit certains analystes à conseiller aux investisseurs de participer à l’offre.
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