Les banques espagnoles assumeraient temporairement la gestion de la «bad bank»
Le gouvernement espagnol s’impatiente. Mais des négociations sont encore en cours à Bruxelles pour peaufiner les derniers détails du fonctionnement de la structure de défaisance, plus communément appelée société de gestion d’actifs (SGA), condition pour ouvrir la voie au plan de sauvetage européen. Pour accélerer le processus, Luis de Guindos, le ministre de l’Economie souhaiterait que les grandes banques du pays participent temporairement à la gestion de cette société.
«BBVA et toutes les grandes banques espagnoles seront disposées» à participer à la bad bank, «pour son propre bien et celui de notre pays», déclarait hier à la presse Francisco Gonzalez, le président de la deuxième banque espagnole BBVA. «Il faut être réaliste: le capital international ne va pas y entrer facilement. Nous sommes plus aptes à prendre des décisions car nous connaissons mieux la réalité», a-t-il souligné. Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut boursier de Madrid en doute: «les banques ne sont-elles pas elles-mêmes part du problème?». Selon lui, elles devraient se concentrer sur leur mission principale qui est «d’octroyer des prêts et de commercialiser des produits financiers».
Mais avant de compter sur l’engagement ferme des banques, Francisco Gonzalez précisait qu’il faudra connaître la valeur des actifs immobiliers à transférer à la SGA, et savoir qui en seront les actionnaires et les dirigeants. Car le gouvernement souhaite limiter sa participation à moins de 51% et assurer la rentabilité de la société pour minimiser l’impact sur les contribuables espagnols.
Selon le quotidien espagnol Cinco Días, l’exécutif souhaiterait ainsi confier pendant un an ou deux aux grandes banques la gestion de la SGA jusqu’à ce que les chasseurs de tête trouvent les futurs responsables de la bad bank, à laquelle seront transférés les actifs immobiliers des banques sous perfusion comme Bankia, Novagalicia, Catalunya Caixa et Banco de Valencia. Un énorme portefeuille estimé à 75 milliards d’euros. Mais le volume à gérer pourrait être plus important car d’autres établissements de crédit pourraient également avoir besoin d’aides publiques et on ne sait pas encore quels actifs seront concernés: les crédits aux particuliers, logements, terrains ou prêts concédés aux promoteurs? Restent à attendre le verdict du rapport d’audit d’Oliver Wyman le 28 septembre et la méthodologie que la Banque d’Espagne compte établir pour chiffrer la valeur de ces actifs.
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