Les banques du Nord dominent le marché primaire des obligations sécurisées
Pour se financer, les banques ont pour le moment beaucoup moins utilisé les covered bonds en 2012 qu’au premier trimestre 2011. Le volume d'émissions de ces titres adossés à des portefeuilles de prêts, le plus souvent hypothécaires, a chuté de 35% par rapport à l’an dernier, à 79 milliards d’euros, d’après Barclays Capital.
La baisse d’activité s’explique notamment par la quasi-fermeture du marché aux banques des pays périphériques après la crise du second semestre 2011. L’activité des émetteurs italiens a été nulle alors qu’ils avaient réalisé 8 % des opérations sur l’ensemble de 2011. La part des banques espagnoles est quant à elle passée de 12% en 2011 à 9% à fin mars. A l’inverse, les établissements norvégiens sont devenus les émetteurs les plus actifs sur les opérations benchmark en euro derrière les français.
L'élargissement de la palette de financements disponibles pour les banques a également contribué au recul du volume d'émissions. Les banques ont massivement participé aux deux injections de liquidités de la BCE à trois ans. Ces deux opérations ayant fait disparaître le risque de faillite bancaire, de nombreux établissements ont de nouveau pu émettre des obligations seniors non sécurisées.
Sur le segment des covered bonds, les investisseurs ont en outre poursuivi la diversification de leur base d’investisseurs en sollicitant le marché américain. Les émissions en dollar ont enregistré un premier trimestre record, à 19,6 milliards de dollars, contre 9 milliards sur les trois premier mois de 2011, d’après Natixis.
La relative raréfaction des émissions en euro et l’amélioration générale des marchés ont assuré une solide performance sur le marché secondaire, ce qui a conduit la BCE à ralentir le rythme de ses achats de titres. L’indice iBoxx sur les obligations sécurisées espagnoles s’est par exemple détendu de 93 points de base (pb) à 369 pb par rapport au taux swap depuis le début de l’année, parallèlement à l’accalmie sur les rendements souverains.
L’indice sur les covered bonds françaises s’est quant à lui resserré de 71 pb à 92 pb. L'évolution a été plus limitée sur les titres italiens. Pour les analystes de Natixis, «les spreads des covered italiens ont encore un fort potentiel de resserrement selon nous : ceci est dû au fait qu’ils ont insuffisamment bénéficié du resserrement des spreads des BTP (emprunts d’Etat italiens, ndlr) depuis le début de l’année».
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