Les banques centrales s’unissent encore
La semaine passée, la Fed avait pris les devants en dévoilant qu’elle rendrait disponibles jusqu’à 200 milliards de dollars pour subvenir aux besoins de liquidités des banques. De fait, cette nouvelle facilité s’ajoute au TAF, le premier programme d’injection de liquidités annoncé en décembre dernier, qui a été étendu à 100 milliards de dollars, et un accord de «repo» (repurchase agreement) de 100 milliards de dollars. Outre la durée du dispositif et du montant, aux yeux de BNP Paribas, le changement significatif vient du fait que la Fed accepte les dettes privées hypothécaires en tant que collatéraux en plus de la liste d’actifs actuelle.
Les besoins de liquidités sont colossaux, comme le montrent les résultats hier de l’adjudication clôturée lundi de 50 milliards de dollars d’une durée de 28 jours. De fait, le taux adjugé s’est élevé à 2,8 %, contre 3 % pour les Fed funds. Les demandes ont atteint 92,6 milliards de dollars. Hier, cette intervention a permis au marché monétaire américain de souffler, les écarts entre les taux Libor en dollar allant de 1 à 3 mois et les taux directeurs américains ont baissé hier de 11 à 7 pb.
Pour les analystes de Raymond James, «la décision de la Fed est bien le signal que la crise actuelle est particulièrement grave», celle-ci intervenant entres autres «quelques jours après les difficultés de fonds qui avaient amorcé un nouveau cycle de ventes forcées d’actifs (RMBS Alt A notamment)».
Mais cela suffira-t-il ? Les analystes de Citigroup jugent la Fed «globalement trop réactive». Si elles «peuvent atténuer les tensions en matière de liquidités à court terme, les difficultés de crédit vont probablement persister, et éviter une récession deviendra de plus en plus un défi». De même, pour Raymond James, «la décision de la Fed ne résout cependant pas les problèmes de fond concernant la solvabilité des emprunteurs privés américains», elle est un «moyen d’éloigner le risque de crise grave à court terme. Mais pour combien de temps ?».
En Europe, la BCE a fait savoir mardi qu’elle prévoyait de fournir également jusqu'à 15 milliards de dollars supplémentaires à 28 jours aux banques de la zone euro pour apaiser les tensions sur le marché interbancaire. La Banque centrale européenne a sollicité hier des offres pour des fonds à 91 jours, reconduisant l’une de ses opérations de financement supplémentaire à long terme sur le marché monétaire. Pour autant, cette injection qui se fera uniquement en billet vert ne règle pas le problème du coût de la liquidité pour les banques européennes. L'écart entre les taux Libor en euro et le taux de refinancement atteignait ainsi 59 pb hier après-midi.
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