Les banques centrales s’affirment comme acheteuses nettes d’or
Une vente d’or symbolique à plus d’un titre. Le Fonds monétaire international a annoncé la vente de 200 tonnes de métal jaune à la banque centrale indienne pour 6,7 milliards de dollars. Au prix élevé de 1.045 dollars l’once en moyenne, et à raison de transactions hors marché menées dans la deuxième quinzaine d’octobre, la Reserve Bank of India a mis la main sur la moitié des ventes d’or prévues par le FMI. L’institution internationale a décidé en septembre de céder le huitième de ses réserves, soit 403,3 tonnes, pour accroître sa capacité d’intervention.
Cette opération illustre l’un des facteurs de soutien à la hausse spectaculaire du métal jaune. Traditionnellement vendeuses d’or, les banques centrales sont passées à l’achat (voir graphique). Au deuxième trimestre 2009, elles sont même devenues acheteuses nettes d’or, avec une demande excédant l’offre de 14 millions. Si le solde reste négatif sur le premier semestre en raison de ventes nettes de 52 millions de janvier à mars, il devrait cette année être en territoire positif.
Les banques centrales les plus actives sont celles des Bric : Brésil, Chine, Russie, et l’Inde, donc, qui a surpris le marché hier par l’ampleur de son appétit. La démarche répond à une volonté de diversification des réserves de change. L’or bénéficie aujourd’hui de sa réputation de protection contre l’inflation et des liquidités abondantes qui se déversent sur les autres matières premières et actifs cotés en dollars, liés à la baisse du billet vert. Le phénomène a également provoqué au premier semestre une demande massive d’or de la part des fonds indiciels cotés (ETF). Mais si des annonces telles que celle d’hier constituent un soutien au marché, la logique financière qui sous-tend la hausse de l’or l’expose aussi à une correction.
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