Les banques à la rescousse des rehausseurs de crédit
La loi du marché peut paraître cruelle lorsqu’elle oblige des groupes en difficulté à se déprécier pour rester en vie. Le groupe d’Armonk a ainsi procédé hier à la cession de 82,3 millions de ses actions à 12,15 dollars chacune, soit 1 milliard de dollars. Initialement, MBIA avait prévu de céder 50,3 millions de ses actions à 14,9 dollars, pour encaisser 750 millions de dollars. Si le montant global de cession est plus important, la décote effectuée l’est tout autant, avec un cours négocié à près de 20% de moins que celui envisagé. Finalement, Warburg Pincus, qui s’était engagé à acquérir jusqu’à 750 millions de dollars de titres de MBIA sous certaines conditions, a acheté 24,7 millions d’actions du rehausseur de crédit pour 300 millions de dollars . Celles-ci viennent s’ajouter aux 16,1 millions que le gérant de fond détenait déjà depuis le 30 janvier dernier. Sur un an, le titre MBIA a perdu près de 80%, à 14,20 dollars.
L’eneju est de taille pour MBIA et les autres rehausseurs. MBIA a dû annoncer sa plus grosse perte pour le quatrième trimestre 2007, à 2,3 milliards de dollars à cause de son exposition liée au subprime. Les agences de notation Standard & Poor’s (S&P), Moody’s et Fitch ont décidé de placer MBIA sous surveillance, qui risquerait de perdre son «AAA». Le rehausseur d’Armonk n’est pas le seul à être concerné par de telles difficultés. Moody’s a déclassé de 6 niveaux sa notation sur Security Capital Assurance, à «A3» contre «AAA». Ambac, pour sa part, a déjà perdu sa note «AAA» établie par Fitch, alors que Moody’s et S&P pourraient imiter leur consœur. La perte du «AAA» est une catastrophe pour un rehausseur de crédit car c’est leur raison d’être.
Eric Dinallo, le commissaire à l’assurance de l’état de New York, qui tente d’organiser un plan de sauvetage du secteur, a salué cette transaction. «C’est le genre de transaction dont nous discutions et que nous encourageons». De fait, selon des sources Reuters, de grandes banques envisageraient la fin des garanties de leurs positions dans les subprime de la part des rehausseurs en échange de prise de participation. Ainsi, Ambac et FGIC seraient-ils en discussion avec UBS, Citigroup ou Calyon. Pour les banques, même si le coût lié à cette perte de garantie s’élevait à plusieurs milliards de dollars, celui-ci ne serait rien en comparaison du coût lié à une dégradation trop importante de la notation des rehausseurs de crédit.
En effet, les discussions pourraient ne pas empêcher les réhausseurs de crédit de perdre leur note «AAA» mais permettraient de les stabiliser avec une note «AA».
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