Les autorités hongroises placent le forint sous pression baissière
Le forint hongrois est sous pression. La devise se dépréciait hier de 0,6% contre dollar et de 0,5% contre euro suite à la décision prise vendredi par le gouvernement d’étendre le champ d’application de son projet de conversion en devise locale, d’ici à la fin de l’année, des prêts bancaires aux particuliers libellés en devises étrangères à un taux révisé avantageusement pour les emprunteurs. Si le projet de loi est approuvé cette semaine par le parlement, l’ensemble des prêts en devises étrangères seront concernés, y compris ceux qui sont arrivés à maturité ou ont été remboursés au cours des cinq dernières années.
A partir de la date d’application effective de la loi, les banques qui ont octroyé ce type de prêts auront 90 jours pour calculer le montant qu’elles devront rembourser à leurs clients pour compenser les excès de marges et de commissions facturées. Moody’s estimait initialement que la facture pourrait atteindre un milliard d’euros pour le secteur bancaire, soit environ 11% de leurs capitaux, mais elle «pourrait même être plus lourde», selon BNP Paribas. Le gouverneur adjoint de la banque centrale (NBH), Adam Balog, a d’ailleurs récemment estimé ce coût à près de 3 milliards d’euros.
«Le coût d’élimination des prêts en devises étrangères, ainsi que la politique monétaire ultra-accommodante mise en place par la NBH ont entraîné une baisse du forint qui devrait rester sous pression», estime BNP Paribas. Sa chute atteint 6% contre le billet vert et 5% contre euro depuis le début de l’année. L’autorité a abaissé son taux directeur de 10pb la semaine dernière pour le ramener à 2,30% sur fond d’anticipations d’une inflation nulle cette année malgré une croissance attendue à 2,9%. Un rythme qui pourrait faire rebondir l’inflation vers sa cible de 3% d’ici mi-2015, selon BNP Paribas.
Dans ce contexte, le taux à 10 ans hongrois a chuté jeudi dernier à son plus faible niveau historique, de 4,25%. La NHB a lancé sa première adjudication dans le cadre de son nouveau mode de financement introduit en avril, en proposant des taux de swap à 3 et 5 ans à un taux de 2,25% et 2,38%, soit 55pb au-dessous des taux de marché. A partir d’août, un taux de facilité de dépôt à deux semaines remplacera le taux traditionnel, ce qui devrait conduire à des flux bancaires de 2 milliards d’euros allant sur le marché des obligations, selon la NBH.
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