Les autorités de concurrence suédoises poursuivent Nasdaq OMX
Les autorités de concurrence suédoises veulent mettre à l’amende Nasdaq OMX. Elles ont lancé une action en justice la semaine dernière et demandent à ce que lui soit infligée une amende de 3,3 millions d’euros. Le groupe est accusé d’avoir abusé de sa position dominante et d’avoir empêché en 2010 le développement de la plate-forme alternative Burgundy en Suède.
Basée à Stockholm, celle-ci souhaitait placer ses infrastructures de trading au plus près de celles de ses clients dans un centre de données détenu par Verizon en Suède. En quête de liquidité, la plate-forme espérait permettre à ses clients, et notamment à des traders à haute fréquence, de passer des ordres le plus rapidement possible. Burgundy a été créée en 2009 par un groupe de banques nordiques. A l’époque des faits, Nasdaq OMX avait une part de marché 73% à 86% sur les actions suédoises, finlandaises et danoises. En octobre 2010, Burgundy avait terminé ses négociations avec Verizon afin d’obtenir de la place dans son centre de données. L’apprenant, Nasdaq a contacté Verizon et l’a menacé de délocaliser toutes ses infrastructures en dehors du centre de données. La Bourse a aussi assuré qu’un accord entre Burgundy et Verizon pourrait avoir un impact sur sa collaboration globale avec cette dernière entreprise, explique l’autorité de concurrence suédoise. Verizon s’est incliné et a rompu l’accord trouvé avec Bugundy. La plate-forme a dû placer ses infrastructures de marché dans un centre de données éloigné de ses clients au détriment de la rapidité d’exécution des ordres.
L’affaire illustre la bataille qui a opposé les anciens monopoles boursiers européens aux plate-formes alternatives nées dans le sillage de la libéralisation des marchés de 2007, instaurée par la directive MIF. Elle met également en lumière l’importance stratégique que peut représenter pour un opérateur boursier la localisation de ses infrastructures de trading dans le contexte du développement du trading à haute fréquence.
Même si la plate-forme a déposé la plainte qui a provoqué l’action de l’autorité de la concurrence, «pour Burgundy cela s’est mal terminé», a rappelé le directeur général de l’autorité Dan Sjöblom, dans un communiqué. Burgundy a été rachetée par la Bourse d’Oslo en 2013. «Les entreprises qui étaient auparavant en situation de monopole ont une responsabilité particulière puisqu’elles avaient des avantages compétitifs et un pouvoir sur le marché», a-t-il ajouté.
Plus d'articles du même thème
-
Dans le secteur financier, le Brexit a fait moins de perdants que prévu
Le Brexit a cassé le monopole de la City, mais sans vraiment détrôner la capitale londonienne qui conserve une puissance globale au travers de certains marchés clés comme les changes ou les matières premières. Une tendance à la «reconvergence» avec l’UE se dessine. -
Les fonds actions France à la loupe #171
Le top 10 des fonds actions France a souffert du contexte géopolitique mondial et affiche des performances en baisse. -
La Bourse de Londres ne se défait pas de sa décote
Depuis le Brexit, la Bourse de Londres a moins progressé que les autres grands marchés actions. Elle est également affectée par la faible croissance et l’instabilité politique. L’indice FTSE 100 garde un biais défensif mais le marché veut de la croissance. -
Tom Théobald: «L’Union européenne est plus forte si elle travaille avec la Grande-Bretagne»
Le directeur général de Luxembourg for Finance, Tom Théobald, analyse l'impact de dix ans de Brexit pour les différentes places financières du continent. -
Le pétrole rebondit après un premier accroc dans le processus de paix au Moyen-Orient
Les négociations qui devaient débuter vendredi en Suisse pour arriver à un accord final entre les Etats-Unis et l’Iran ont été repoussées. Le prix du pétrole remonte au-dessus de 80 dollars. -
La prévention des entreprises en difficulté se judiciarise
Dans une tribune pour l'Agefi, Guillaume Clouzard, avocat associé en restructuring au sein du cabinet Oratio Avocats décrypte les enjeux de l’entrée en vigueur, au 1er juillet 2026, de l’article L. 115-10 du Code de la sécurité sociale dans la prévention des défaillances d'entreprises.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
- La tokenisation change d’échelle
Contenu de nos partenaires
-
Tribune librePrésidentielle 2027 : faut-il instaurer un spoils system à la française ?
A l’aube de 2027, il faudrait envisager un « spoils system » limité au « top 1 ou 2 % » des plus hauts serviteurs de l’Etat, tout en garantissant davantage de transparence dans les nominations à la tête des principales institutions -
Election de Makerfield : le travailliste Andy Burnham remporte son pari haut la main
Lors de l’élection partielle de jeudi, le maire de Manchester semble avoir été soutenu par une partie de l’électorat libéral-démocrate, vert, mais aussi conservateur. Son objectif est à présent de s’emparer de la direction du Labour -
Accord Iran-Etats-Unis : les négociations prévues pour vendredi en Suisse sont « reportées »
Dans la nuit, la Maison Blanche avait fait savoir que J. D. Vance, le vice-président américain, ne se rendrait pas en Suisse ce jour. En parallèle, malgré l’accord qui inclut un cessez-le-feu au Liban, Tsahal a mené des frappes au pays du cèdre dans la nuit, « après des violations répétées » du Hezbollah