Les autorités chinoises font le ménage dans les finances publiques locales
Les collectivités auraient déjà fait la moitié du chemin fixé en régularisant 259 milliards de yuans de mauvaise dette
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Solenn Poullennec
La Chine prétend faire le ménage dans les finances de ses collectivités locales. Selon Bloomberg, le bureau national des statistiques a annoncé hier que les collectivités locales avaient régularisé 259 milliards de yuans de mauvaise dette, soit près de la moitié des 531 milliards de yuans de dette (65 milliards d’euros) qui avait été jugée problématique. Pour ce faire, les autorités locales et les plates-formes de financement qu’elles utilisent ont vendu des terrains, apporté du collatéral adéquat ou revu leur mode de supervision budgétaire.
L’année dernière, le premier ministre Wen Jiabao a promis de s’attaquer au problème de la dette croissante des collectivités territoriales. Il peut d’autant plus inquiéter les investisseurs internationaux que la croissance chinoise donne des signes de ralentissement. A la fin de l’année 2010, la dette des multiples collectivités était estimée à 10.700 milliards de yuans par le bureau national des statistiques, l’équivalent de 27% du PIB.
Empêchées d’émettre de la dette et d’obtenir directement des prêts auprès des banques depuis 1994, les collectivités ont développé quelque 6.500 plates-formes pour financer des infrastructures. Reconnaissant que ces plates-formes n’avaient pas été bien gérées, le gouvernement central a autorisé en octobre Shanghai, Shenzhen, Zhejiang et Guangdong à émettre des obligations à 3 et 5 ans sur le marché. Une initiative qui pourrait être étendue à d’autres localités.
L’an dernier, le bureau d’audit avait dénoncé dans un rapport les gouvernements locaux qui s’étaient endettés de façon masquée, notamment en ayant recours à près de 46,5 milliards de yuans de garanties étatiques obtenues de façon illégale. L’institution appelait à davantage de supervision de la part des autorités budgétaires et demandait aux autorités de s’assurer que les projets d’infrastructures comme les autoroutes permettent bien de rembourser la dette qui les a financés.
Cette opération vérité, qui pourrait rassurer les investisseurs internationaux, est à considérer avec prudence. Cet été, Moody’s jugeait dans une note que les estimations du bureau d’audit ne prenaient «probablement pas en compte toutes les dettes hors bilan des gouvernements locaux». L’agence avait aussi alerté sur une exposition non négligeable des banques chinoises à ces dettes des gouvernements locaux.
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