Les autorités brésiliennes tentent de calmer les tensions inflationnistes
Le Brésil se heurte au problème inflationniste. A tel point que le ministre des Finances, Guido Mantega, a été contraint de calmer le jeu en indiquant que les baisses de taxes consenties par le gouvernement de Dilma Rousseff après les baisses de prix arrachées la semaine dernière auprès des détaillants et des grands distributeurs du pays sur des produits de première nécessité, tels que la viande, le riz, les légumes, ou le sucre, devraient être en mesure de faire diminuer rapidement le taux d’inflation. Une mesure qui coûtera néanmoins 7,3 milliards de réaux (2,9 milliards d’euros) de recettes fiscales par an à l’Etat. «Il n’y a aucun doute que l’inflation restera sous contrôle» a estimé Guido Mantega.
Le rythme de hausse des prix à la consommation s’est accéléré à 6,31% en février, après 6,15% en janvier. Un niveau proche du haut de la fourchette cible de la banque centrale, de 6,5%.
Le dernier sondage hebdomadaire réalisé par la banque centrale publié lundi montrait une révision à la hausse des anticipations d’inflation de la part des 100 économistes interrogés, à 5,82% en moyenne sur l’année 2013, contre 5,70% au précédent sondage. Un niveau équivalent à celui atteint fin 2012. Et ceci malgré une prévision de relèvement des taux directeurs à 8% à la fin de l’année 2013, alors que les économistes prévoyaient des taux stables à 7,25% au dernier sondage. La prévision de taux a néanmoins été maintenue à 8,25% fin 2014.
De quoi contraindre la banque centrale brésilienne à intervenir sur le marché des changes hier par le biais d’opérations de «reverse swap» afin d’enrayer la hausse du real. La devise brésilienne cédait en effet 0,7% hier suite à cette intervention à 1,9569 contre dollar, mais reste en hausse de 4,8% depuis le début de l’année, la plus forte appréciation des 25 devises des économies émergentes suivies par l’indice Bloomberg. «A moyen et long terme, les autorités devraient laisser le real s’apprécier sous la barre de 1,94, mais une hausse trop précoce dans le cycle de reprise économique serait considérée par la banque centrale comme dangereuse pour la reprise des exportations» estime Bernd Berg, stratégiste chez Credit Suisse.
Les économistes prévoient en moyenne une croissance de 3,1% en 2010, et tablent sur une reprise plus faible que prévu en 2014, à 3,50%, contre 3,65% anticipés une semaine auparavant.
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