Les autorités brésiliennes entretiennent le mouvement de chute du real
Le Brésil remporte une bataille dans la guerre des changes. Le real a en effet franchi le seuil de parité de 2 contre dollar, à 2,0022 cette nuit, pour la première fois depuis juillet 2009. La devise s’est ainsi dépréciée de plus de 6% depuis le début de l’année et de 13% depuis février. Cette tendance n’a pas manqué de susciter l’enthousiasme du ministre des finances brésilien Guido Mantega, à l’origine de la formule de «guerre des changes» lorsque le real était à ses plus hauts niveaux. Il indiquait ainsi hier que ce niveau n’est pas «une raison d’inquiétude» et qu’«un dollar fort était bon pour l’économie brésilienne. Cela permet aux exportateurs brésiliens d’être compétitifs mais également aux entreprises manufacturières du pays d’être compétitives face aux importations sur notre propre marché».
Et l’Association des exportateurs brésiliens d’ajouter qu’elle accueillerait favorablement une parité de 2 à 2,20 contre dollar, mais que d’autres mesures, fiscales et monétaires, étaient nécessaires pour garantir la compétitivité des entreprises du pays.
Les stratégistes estiment que cette tendance, encouragée par la crise européenne et la baisse des taux directeurs au Brésil, ne devrait pas s’inverser à court terme. Pour l’heure, les autorités brésiliennes ne semblent pas s’inquiéter de l’effet inflationniste que pourrait occasionner la chute du real. «La baisse des prix des matières premières permet d’amortir un peu la hausse des prix alimentaires et de neutraliser l’impact de l’inflation par la devise» explique SulAmerica Investimentos.
D’ailleurs, le directeur de la banque centrale brésilienne, Alexandre Tombini, a indiqué hier que l’accélération de la hausse des prix à la consommation de 0,64% le mois dernier ne remet pas en cause son scénario d’un retour de l’inflation, de 5,1% vers le milieu de la fourchette visée par l’autorité, de 4,5%. L’enquête mensuelle de la banque centrale montre que les économistes s’attendent à un taux Selic, déjà réduit de 12,5% à 9%, à 8-8,5% d’ici la fin de l’année. Et le gouvernement prépare une baisse du taux du rendement des comptes d’épargne, qui totalisent quelque 220 milliards de dollars de dépôts. Une relance du crédit dangereuse: Alliance Bernstein estime que si les revenus des ménages ont doublé sur 10 ans, leur niveau de dette a été multiplié par 10.
Le peso mexicain chutait de 0,99% hier, à 13,707 contre dollar et le peso chilien de 1,08% à 492.
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