Les assureurs veulent une redéfinition du risque systémique

La méthode envisagée pour identifier les assureurs systémiques pourrait les pousser à s’alléger en obligations d’Etat et actifs bancaires
Krystèle Tachdjian
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Les assureurs européens font de la résistance à propos de la définition des G-SIIs, cette catégorie de compagnies jugées systémiques qui doivent être soumises à une surcharge de fonds propres réglementaires. Après s’être penchés sur le sort des banques, les régulateurs internationaux cherchent désormais à identifier les assureurs qui en cas de défaillance seraient susceptibles de menacer l’économie. Comme l’avait fait le Comité de Bâle pour les banques, il revient désormais à l’association internationale des contrôleurs d’assurance (IAIS) de dresser une liste des assureurs systémiques qui doit être publiée au premier semestre 2013.

L’industrie, qui avait jusqu’au 31 juillet pour donner son point de vue, n’est pas d’accord avec la méthode proposée par le régulateur, et l’a fait savoir par la voix de l’Association de Genève, un think tank qui fédère près de 90 assureurs et réassureurs internationaux. Selon l’association, la méthode envisagée conduirait les assureurs à se délester en obligations souveraines et en actifs bancaires ce qui aurait des incidences sur la stabilité du système financier.

«Si la détention d’actifs émis par les banques est considérée comme représentant un risque en vertu de certains critères prédéfinis, les assureurs pourraient être amenés à réduire cette exposition, ce qui rendrait encore plus difficile la situation des banques pour se refinancer dans l’environnement actuel», indique l’Association de Genève dans un rapport d’une trentaine de pages adressé en réponse aux propositions de l’IAIS.

L’association internationale des contrôleurs d’assurance a retenu jusque là 5 critères: taille, activité mondiale, interconnexion avec d’autres institutions financières, poids des activités non traditionnelles et non assurantielles, et non-substituabilité (c’est-à-dire le fait qu’il n’existe aucun produit financier alternatif au moment où le risque éclate). Les assureurs regrettent que l’on ne tienne pas assez compte de la distinction entre les modèles d’affaires bancaires et d’assurances, s’estimant étant à l’abri d’un «bank run». Mais, les régulateurs veulent surtout s’assurer que les compagnies n’ont pas d’activités parallèles risquées. Le sauvetage d’AIG, victime en 2008 de sa filiale spécialisée dans les produits financiers dérivés, est encore dans toutes les mémoires.

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