Les assureurs plaident pour que soit encouragée l'épargne longue

Ils mettent en garde contre la fiscalité et les régulations qui nuisent à ce qu’ils jugent indispensable aux ménages et à l'économie
Solenn Poullennec

Les assureurs européens veulent que les hommes politiques encouragent l’épargne de long terme via une meilleure fiscalité et une meilleure régulation. C’est dans cet esprit que des membres de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) et leurs homologues italiens de l’Ania ont signé un manifeste récapitulant les vertus de ce type d’épargne.

Pour appuyer leur propos, ils ont publié un rapport rédigé par un panel d’économistes et des fiscalistes. Celui-ci souligne que l’épargne longue est indispensable aux ménages pour faire face au vieillissement et à la dépendance. Elle est aussi incontournable pour le financement de l’économie. «Nous n’avons pas assez de croissance, car nous n’avons pas assez d'épargne longue», a asséné Jean-Paul Betbèze, chef économiste au Crédit Agricole, qui a participé au rapport.

Robert Braconnier, ancien directeur général des impôts, a souligné les incohérences de la fiscalité qu’il juge aussi trop compliquée et instable. «On introduit des règles dont on aura oublié complètement la logique d’ici à quelques années», dit-il. Le rapport souligne que près de 70% du patrimoine des ménages (11.100 milliards d’euros en 2010) est investi en actifs non financiers, notamment parce que la fiscalité les y encourage. Ainsi, pour la vente d’une résidence secondaire la plus-value imposable au taux de 19% est progressivement réduite, ce qui n’est pas le cas des plus-values sur titres (hors PEA).

«Dire, comme on l’entend parfois, que le capital ou l’épargne sont moins taxés que le travail est une erreur», souligne encore le rapport. La comparaison des taux d’imposition doit tenir compte de l’inflation qui «érode mécaniquement le pouvoir d’achat des revenus accumulés, à la différence des revenus du travail». Il faut aussi prendre en compte les prélèvements sociaux, plus élevés pour les revenus de l’épargne.

Le rapport préconise d’encourager les supports comme l’épargne-retraite, l’épargne dépendance et l’assurance-vie. Concernant cette dernière, le PDG d’Axa France, Nicolas Moreau, a estimé qu’il pourrait être intéressant de revoir certains contrats pour favoriser les investissements productifs.

Les assureurs ont par ailleurs mis en garde contre les effets contre-productifs de Solvabilité 2 et des normes IFRS. «Elles sont en train de réduire notre capacité à être des acheteurs de long terme», a estimé Gilles Benoist, directeur général de CNP Assurances.

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