« Les anticipations sur les bénéfices à venir laissent peu de place aux déceptions »
L’Agefi: Pourquoi avoir récemment si brutalement réduit votre exposition au compartiment actions?
Yves Maillot: Techniquement, les marchés actions semblaient dangereux, et plus spécialement sur l’Europe, avec de surcroît un effet devise négatif pour la zone euro. La structure de la hausse de ces derniers mois m’est apparue peu convaincante en raison de nombreuses divergences: volumes modestes sur les phases de progression, montée des indices sans secteurs leaders et, enfin, prémices d’un redémarrage des volatilités. D’un point de vue fondamental, et en dépit d’une amélioration récente des données macro économiques ainsi que de bonnes publications des entreprises, les anticipations sur les bénéfices à venir laissent peu de place aux déceptions. En conséquence, les valorisations récentes avaient atteint un niveau qui ne donnait que peu de potentiel à court terme. De plus, en raison du poids des dettes publiques et de leur impact futur sur la croissance, le marché actions doit intégrer une prime de risque plus élevée.
Quels sont les principaux attraits des actifs alternatifs sur lesquels vous êtes surpondéré?
Au cours d’une année durant laquelle la génération de performances positives sur les actifs traditionnels est incertaine, les techniques d’arbitrage représentent des solutions adaptées. De plus, les actifs alternatifs concentrés sur l’arbitrage permettent une décorrélation élevée au bénéfice d’un portefeuille diversifié. Au sein du compartiment alternatif, il faut aussi mentionner les matières premières. Elles permettent une bonne décorrélation qui profite à une moindre volatilité d’un portefeuille diversifié. Parmi elles, ce sont les métaux précieux qu’il faut privilégier.
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