Les analystes de la zone euro tardent à réviser leurs prévisions de bénéfices

Selon SGAM, celles pour 2007 et pour 2008 n’ont pas été revues ces six derniers mois et sont encore attendues à +11,7 % et + 9 %
Tân Le Quang

Les divergences de point de vue ne concernent pas uniquement les politiques monétaires des banques centrales. Elles existent aussi entre les prévisions des économistes et des analystes. Alors que les premiers ont fortement revu en baisse leurs perspectives tant aux Etats-Unis que dans la zone euro, les seconds n’ont guère fait évoluer leur consensus des prévisions de bénéfices des entreprises européennes depuis six mois. Dans une analyse, Société Générale Asset Management (SGAM) souligne que « la croissance attendue des profits pour 2007 est passée aux Etats-Unis de +8,2 % mi-juillet à 0 % aujourd’hui ». A l’opposé, « dans la zone euro, la situation est encore plus étonnante, les prévisions de croissance des résultats pour 2007 n’ont pas été revues ces six derniers mois et sont encore attendus à +11,7 % et + 9% en 2008 », ajoute SGAM.

Alors que certains membres de la BCE ont déclaré récemment s’attendre à une croissance en Europe en 2008 de 1,5 % plutôt que 2,5 %, la montée en puissance d’un scénario de récession aux Etats-Unis impactant la zone euro a entraîné la semaine dernière un vent de panique sur les marchés actions qui avaient déjà commencé à anticiper un ralentissement des profits.

Les valorisations sont aujourd’hui au niveau le plus bas depuis 1990, le PER de l’indice MSCI pour la zone euro s’établissant à 10,2 fois, soit une baisse de 16 % sur les six derniers mois, selon SGAM, aucun secteur n’ayant été épargné. Les baisses de PER les plus amples sont celles des technologies de l’information (-20 %), de l’industrie (-18 %), de la consommation cyclique (-17 %) et du secteur financier (-15 %). Le décalage des valorisations avec les prévisions des profits est marquant.

« Si les marchés ont raison, les révisions de profits vont être drastiques», note SGAM qui précise qu’il faudrait que les Etats-Unis et aussi la zone euro soient en récession pour que ce scénario se réalise. D’autant plus que d’autres facteurs viennent en soutien à la croissance mondiale, tels que la poursuite de celle des pays d’Asie émergents, de la solidité des bilans des entreprises non financières et aussi la baisse des Fed funds. Les analystes pourraient attendre d’avoir plus de visibilité sur l'économie mondiale avant de réviser leurs prévisions.

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